TR.02 Je suis mort sans l’être resté !   2 comments

TRANCHES DE VIE

Voici le second événement marquant de  ma vie  :

 

Je suis mort sans  l’être resté !

 

Vous allez savoir comment l’on peut se voir mourir et en revenir quand même

Le phénomène le plus marquant de ma vie de militaire (et qui m’a totalement dépassé), s’est produit en 1957, j’avais vingt et un ans. Je vais le relater car il est assez extraordinaire et m’a marqué à vie :

Les événements se sont passé à la Base Aérienne d’ « El-Aouina », près de Tunis, où j’avais été affecté après mes 3 mois de Compagnie d’Instruction au « Djebel-Kébir » près de Bizerte.

J’y effectuais à ce moment un entraînement pour passer les « pelotons » de sous-officiers (Caporal, Caporal-chef puis Sergent); dans le même temps je suivais des cours de Mécanique afin de passer le Brevet de Mécanicien de Rochefort.
Tant qu’à passer trente mois en AFN, autant les passer intelligemment et apprendre quelque chose de nouveau et intéressant !

J’avais eu un court instant l’espoir d’être renvoyé en France, à Rochefort, pour y suivre cette formation mais hélas, cette expérience étant nouivelle pour l’Armée de l’Air, la décision à été prise en haut lieu de transférer des instructeurs de Rochefort vers « El Aouina ». En effet, c’était la première fois que des appelés allaient être formés comme Mécaniciens Brevetés de Rochefort, distinction réservée
jusqu’à présent aux engagés.

J’étais logé dans une chambrée qui se trouvait au troisième étage d’un bâtiment qui en comportait bien d’autres.
Les fenêtres de notre chambrée donnaient sur l’entrée de la Base, ici, à droite on aperçoit le poste de garde juste après les massifs d’arbres et la route visible ici était parallèle avec la « route de Paris » qui, à l’extérieur de la base, menait à Tunis.

Par un bel après-midi ensoleillé je révisais mes cours dans la chambrée, déserte à cette heure, lorsqu’une douleur fulgurante me traverse le corps. Quelques minutes plus tard, la même douleur me percute, elle
me mord littéralement l’intérieur du ventre. Les phases de douleur se rapprochent de plus en plus et je me sent alors envahi par un intense malaise. Je décide alors de me rendre à l’infirmerie, éloignée seulement d’une vingtaine de mètres du pied du bâtiment.

Au moment d’aborder les premières marches de l’escalier un soudain vomissement me laisse pantelant et chancelant. Tout en continuant à être pris spasmodiquement de vomissements, je réussis enfin à gagner le rez-de-chaussée. Je sens les forces me quitter au fur et à mesure que j’avance et c’est en rampant que je fais les derniers mètres qui me séparent de l’infirmerie. A ce moment, j’ai comme un trou noir, le seuil de
la douleur a été si intense, ai-je pensé par la suite, que j’ai du m’évanouir.

J’émerge du brouillard alors que je suis allongé sur une table médicale, plutôt dans une demi-conscience car je suis comme un aveugle, je ne vois pas. Seule cette douleur atroce qui irradie de mon ventre est ma réalité. Des voix me parviennent « il nous fait une appendicite, il a le ventre dur » et c’est alors comme un fer rouge qui me traverse brutalement, un pas de plus sur l’échelle de la douleur. J’ai eu confirmation, par la suite, que le Docteur en chef m’avait appuyé très fortement sur le coté du ventre avec les doigts de ses deux mains réunis et tendus.

Une dernière voix, comme venue d’autre-part, étouffée, parvient à mon inconscient : « Vite, solucamphre, le
cœur flanche » …et c’est à ce moment que s’est produit le fait le plus irréel de ma vie, je me suis instantanément retrouvé en train de me voir. C’est comme si j’étais le dos collé au plafond en train de me regarder.
J’étais là, en dessous de moi, étendu sur cette table, yeux fermés, torse nu, pantalon ouvert et baignant dans ce qui semblait être une mince pellicule brillante.

Le Docteur persistait à m’enfoncer ses doigts dans le ventre…. alors que du coté opposé je voyais une nfirmière me faisant une piqûre dans le bras gauche. Et puis plus rien, de nouveau le vide complet jusqu’à ce que je sorte de ce néant sous l’emprise d’un nouveau torrent de douleur qui m’irradie des pieds à la tête et me tétanise. Puis en un instant fugitif j’ai la sensation très vague d’être chargé sur l’épaule droite de quelqu’un qui monte ainsi un escalier. Et de nouveau le trou noir, le vide, plus rien.

Quatre Jours après, j’ai ouvert un œil et il m’a fallu un temps certain avant de récupérer totalement mes esprits.
J’avais l’impression de sortir d’une épaisse brume qui était en moi et j’émergeais peu à peu.

Mais que de questions se sont alors bousculées dans ma tête ou étais-je ? pourquoi tous tous ces lits autour de moi ? pourquoi tous ces gens dans ces lits, pourquoi cette agitation fébrile dans la chambre ? pourquoi toutes ces bandes de papier de toilette déroulés ou travers des lits d’un bout de la pièce à l’autre ?

Et j’ai enfin appris la vérité sur cette aventure très particulière.

Ayant été la première victime déclarée d’une très grave intoxication alimentaire et le Docteur en chef ne pouvant imaginer une telle éventualité il avait décrété que je ne pouvais être victime que d’une crise d’appendicite. Pendant ce temps l’infirmière ayant des doutes sur ce diagnostic surveillait mon pouls et c’est ainsi qu’elle a eu le réflexe qui m’a sauvé la vie, celui de me faire une piqûre de solucamphre pour soutenir le cœur qui flanchait .

La mince pellicule brillante que J’avais perçue recouvrant la table d’auscultation s’est avérée être due a une transpiration intense de mon corps et qui s’était répendue à sa surface.

C’est un aide infirmier qui, ayant reçu l’ordre de me monter au premier étage, m’a chargé comme un tapis roulé sur son épaule. Ce faisant il ignorait totalement la douleur qu’il me provoquait. Mes deux évanouissements ont été crées par une réaction de défense du corps contre un seuil de la douleur devenu insupportable.

Et la chambrée dans laquelle j’avais repris conscience après quatre jours de coma était occupée par une quarantaine de malades qui avaient été hospitalisés peu de temps après moi, victimes eux aussi de cet empoisonnement alimentaire mais moins gravement atteints. Ils souffraient de très forte diarrhée, ce
qui expliquait la présence de ce papier hygiénique déroulé tout au long des lits.

Etant très faible et sans forces, je suis resté environ une semains alité et ai enfin retrouvé ma liberté d’action en même temps que la santé.

 

Une longue enquête a été réalisée par les Services de Santé de la base militaire et la conclusion finale à été que nous avions tous été victimes de bacilles qui s’étaient développés dans le fond mal nettoyé d’une énorme marmite servant aux cuisines. Cette marmite avait été utilisée pour la cuisson de lentilles….qui ont servi de moyen de contamination !

Depuis cette époque la télévision a beaucoup présenté d’émissions évoquant ce genre de phénomène d’auto-vision et de semi lévitation…mais la plupart des « victimes » de ces évènements extraordinaires ont vu et pénétré dans un tunnel brillant de lumière à la suite de leur coma d’autres sont allés jusqu’au bout de ce tunnel et ont vu des choses merveilleuses…. moi pas mais qu’importe, j’en suis revenu !

Je garderai donc pour toujours en mémoire cette impression
étrange qui m’a fait me voir peut-être mourir un peu…..d’en
haut !

Michel DECOMBLE

Rédigé en Novembre 1996

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Publié 9 mai 2011 par micdec dans MES TRANCHES DE VIE

2 réponses à “TR.02 Je suis mort sans l’être resté !

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  1. Je suis bien contente que tu en sois revenu, car nous avons la chance de te connaitre grâce à ce retour dans le monde des vivants !
    Bises et bonne journée

    • Tu parles que je suis content moi aussi, sinon je n’aurais connu ce plaisir de faire ta connaissance et de t’apprécier LoL De plus, ce soir je suis aussi revenu de loin, très gros problème….mais tu as réussi a me faire sourire….Merci !!!! Bises et…heu…bonne nuit Rosine…..je vais mettre mes yeux au chaud…crevé ce soir…. Michel

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