TR.03 Ma « désertion » involontaire en AFN !   4 comments

TRANCHES DE VIE

Voici le troisième événement marquant de ma vie  :

 

Ma « désertion » involontaire en AFN !

 

Vous allez apprendre comment j’ai « déserté » l’Armée pendant un peu plus d’un mois.

Après mon épopée de trois  mois à la Compagnie d’Instruction lors de mon arrivée en Afrique du Nord, et comme j’avais manqué la date d’inscription aux cours d’instruction pour devenir Elève Officier de Réserve (EOR), je m’étais successivement inscrit aux cours du « peloton » de sous-officier ainsi qu’aux cours de
mécanicien polyvalent breveté de Rochefort. Ces derniers cours  étaient très récents, car habituellement réservés aux militaires de carrière engagés et c’était la première expérience tentée par l’armée de l’air avec des appelés du contingent en longue durée. Il faut se souvenir qu’à cette époque, les appelés partaient pour dix-huit mois de PDL
(Pendant la Durée Légale) plus douze mois d’ADL (au-dela de la  durée légale), soit trente mois !

 

J’avais, bien sûr, une très grosse envie, ainsi que les cinq copains retenus comme moi après les tests de sélection, de retourner en France suivre ces cours de Mécanique à Rochefort ! !

Hélas, le haut commandement de Paris en avait décidé autrement et avait eu la géniale idée de déplacer un instructeur de Rochefort vers « El-Aouina », la base militaire située près de Tunis ou nous devions à présent suivre cette instruction de mécanicien !

Bref, au bout d’un certain temps, j’apprend que j’ai obtenu le  fameux Diplôme de Mécanicien Breveté de Rochefort et que l’on  va me remettre les ailes de l’Armée de l’Air avec la roue dentée au centre pour les coudre sur la poche de poitrine. J’ai aussi reçu la roue dentée soulignée de deux galons en V, signe distinctif doré du diplôme de mécano à coudre sur la manche gauche !
J’en suis toujours très fier car j’ai beaucoup travaillé pour l’obtenir. Et puis il y a aussi le fait que, antérieurement, il fallait être sous-officier avant de pouvoir suivre ces cours et obtenir le Brevet….Je faisais ainsi partie des tout premiers à porter ce signe distinctif tout en étant encore « deuxième classe » !!

 

Mais l’horizon ne s’éclaircit pas pour autant, toujours pas de voyage en France en vue.

Pourtant, j’avais réussi les examens au titre de Caporal,
Caporal-Chef et j’étais dans l’attente de mes nominations !
Entre temps, j’apprend que je suis reçu au concours d’accession
au grade de sous-officier, mais qu’il faut patienter pour être nommé, il faut d’abord franchir les étapes comme Caporal, puis Caporal-chef avant d’être nommé Sergent.

Cependant, sur la photo ci-dessus à droite, je suis enfin nommés « Sous-Off » !.

Mais, toujours pas d’opportunité particulière pour revenir en France.

Ensuite, je suis muté près de Bizerte, à Sidi-Ahmed, la base Aérienne 156. C’est là qu’est la 7eme escadrille de chasse et je suis affecté au CLA, le Contrôle Local Aérien. Celui-ci est placé sous les ordres du Capitaine Pastrie, Commandant le CLA. (On dit aussi Contrôle Local d’Aérodrome)

 

Neufs mois ont passé depuis mon départ de France et le temps me semble terriblement long, loin de ceux que j’aime.

Le courrier, c’est bien, mais il n’empêche pas les crises de cafard, surtout qu’à ce moment nous étions en Tunisie comme « Forces Françaises de Maintien de l’ordre » et que le F-L-N- était en pleine activité.

C’est aussi l’époque ou le Président Bourghuiba, bien qu’ayant épousé une Française, jouait le double jeu avec l’Algérie et passait des armes et du matériel aux Fellagas. Ces mêmes fells venaient ouvertement en Tunisie pour s’entrainer où se faire soigner.
A ce moment, les sorties officielles en ville et en uniforme devaient être réduites au minimum indispensable.

C’est l’époque aussi, ou, devant parfois emmener
en ville des officiers navigants afin de les loger, je devais me mettre en civil pour conduire un mini-bus militaire car les  « militaires » Tunisiens ne pouvaient pas supporter la vue de l’uniforme Français !

Que de barrages filtrants sur les routes, que de chicanneries aussi de la part de ces « hommes de main » même pas en uniforme pour la pluspart !

Sur la photo de droite, vous avez une vue de la tour de Controle, (la TWR suivant son nom de code aérien) qui est située à la pointe extrème de la base, elle est d’ailleur construite sur une jetée en emprise sur la mer. Le rez-de-chaussée est entièrement consacré aux batteries qui sont destinées à assurer un fonctionnement correct des équipements de surveillance quelles que soient les circonstances. Au dernier étage, les aiguilleurs du ciel, à l’étage en dessous la salle radar et encore en dessous, la salle des tables de repérage gonio.

Cette tour de contrôle est sous la responsabilité direct du Commandant du CLA.

Nous avions beau être en situation officielle de maintien de l’ordre, il m’est cependant arrivé de me faire tirer dessus lorsque, avec la fourgonnette du CLA, j’allais poser des balises lumineuses (fonctionnant sur batteries) le long des pistes. Ce travail était cependant indispensable lorsqu’un avion se posait tard dans la soirée ou de nuit car nos pistes ne disposaient pas de balisage sur le secteur 220 v. Et comme l’extrèmité de la piste principale, la 21, était située juste à la limite du territoire Tunisien, les fellagha avaient disposé là une espèce de batterie armée, d’ou les tirs qui visaient la fourgonnette. Une balle est un jour passé derrière mon dos et à traversé de part en part les parois du véhicule !

C’est pourquoi vous verrez sur la photo ci-dessous que les batiments principaux étaient protégés de toute attaque terrestre par des postes de défense semi enterrés et protégés par des sacs de terre. En arrière plan, le batiment du CLA.

Il ne me restait plus donc, que le recours à la permission ordinaire et légale.

Hélas, renseignements pris, je n’avais droit qu’à onze jours de « perm » en tout et pour tout, quelle que soit la durée du temps légal de présence sous les drapeaux (je rappelle que c’est dix-huit mois) allongé du temps ADL (Au Dessus de la durée Légale, soit douze mois de plus !)

Encore un espoir qui s’envolait, car à dix-huit ans (de 1953 à 1954), j’avais fait plus d’un an de « Préparation militaire », en cours du soir et du Samedi, à l’usine  Hispano-Suiza (à Courbevoie), au sein de son club Aérien de Pilotage.
Il était dit à cette époque que ce diplôme donnait droit à  deux semaines de permission supplémentaires… hélas, je ne  pouvais deviner qu’entre temps il avait été décrété que ces jours ne seraient accordés qu’en France .. et en permission libérable, c’est à dire à la fin de la période militarisée !

 

Ma permission posée, acceptée, comme je fais partie du Contrôle Local Aérien, je sollicite donc l’autorisation de partir pour Paris en avion militaire.

Ceci m’est accordé aisément par mon Capitaine. Ainsi, je pars le 04 septembre 1957 vers la base de Tunis (El Aouina) où j’embarque le 6 à 14 h dans un C47, un bi-moteur à hélices .(Le fond de cette page vous montre une vue de cet avion).
L’atterissage à lieu au Bourget à 20 h 15 et je regagne enfin Asnières, ma ville, à 22 heures.

 

Mais ce départ de Tunisie depuis une base militaire allait être la cause d’une aventure (mésaventure, peut-être ??) extraordinaire et incroyable qui s’est produite à la fin de ma permission lègale !. C’est cela que je m’en vais vous conter.

Je passe rapidement sur les détails de cette permission, hélas trop courte à mon gré, mais un second détail est à signaler car il a eu, lui aussi, une assez grande importance vis à vis des évènements qui vont suivre !.

En effet, une permission doit être très bien préparée avant le départ de la base et ne tolère aucun changement car elle est contre-signée de Commandant de la Base. Même le lieu de séjour une fois sur place en France ne peut être changé, et ce détail là, je n’y avait pas pensé !.

Or, avec ma Fiancée, nous avons une grande envie d’aller nous reposer quelques jours chez ma grand-mère qui habite l’Oise.
Etant peu argenté, je veut prendre un billet de train à tarif  » militaire » et présente ma permission. Hélas, le guichetier me refuse le billet, la destination de l’Oise n’étant pas inscrite sur mon document. Qu’a cela ne tienne, je me met à l’écart, rempli la cas vierge, imite la signature du Commandant de la Base et me présente à un autre guichet. Ca marche et j’obtiens mon billet à tarif réduit !

A présent, avec le recul du temps, j’ai un peu honte d’avoir ainsi trafiqué un document officiel, mais j’étais jeune alors  et j’avais acquis un esprit aventureux lors de mon CI. De plus, j’étais dans l’inconscience totale des risques encourus.

Mais arrivé sur place, dans le petit village de ma Grand-Mère, je tente quand-même d’imaginer quelles pouvaient être les conséquences fâcheuses de ce faux. Aussi je me rends illico auprès de Monsieur le Maire, lui explique ma rancobolesque arrivée. Compréhensif, il arrange toute mon affaire en disposant sur ma « fausse écriture » quelques tampons et en écrivant par dessus qu’il certifiait ma présence en ce lieu.

Ce n’était que le début des appositions de tampons sur ce document officiel !!!

Pendant ma permission, j’écris au Commandant de la Base Aérienne du Bourget (Transit Air N° 250) pour demander l’envoi d’un titre de transport aérien, ceci afin d’assurer mon retour à la fin de ma permission. Hélas, ce transport m’est refusé le 21 septembre 1957 car il n’y a pas de vol militaire vers la base de Sidi-Ahmed où El-Aouina le jour dit !. Je prends donc le train en direction de Marseille le 25 septembre à 22 h 30, avec comme destination la Base Transit Air N° 247, au camp Sainte-Marthe, pour pouvoir embarquer sur un bateau vers la Tunisie.J’arrive à Marseilles à 8 h 15 du matin le lendemain, 26 septembre.

Il y a trois jours d’attente avant l’embarquement et dès le lendemain matin le cafard me reprend. La base n’étant pas sûre, je garde sur l’épaule mon « paquetage » et cherche inconsciemment à m’échapper de là.
C’est ainsi que je rencontre trois de mes anciens copains de CI, des Parisiens, qui cherchent un peu comme moi à sortir du camp. Mais celui-ci était bien gardé et comme on nous a confisqué notre titre de permission, lors de notre enregistrement pour le prochain bateau, le Chef de garde ne nous laisse pas franchir la porte.

Le 27 septembre, après trois ou quatre essais infructueux, voici qu’au loin apparaît un autocar CHAUSSON (Je suis sous contrat de travail avec la Société qui les avait fabriqués !) C’est pourquoi je le regarde avec un brin de nostalgie, lorsque l’Adjudant Chef qui le pilote, se méprenant sur nos intentions réelles, nous propose de nous « descendre » en douce vers la ville ! Ni une, ni deux, les quatre lascars se faufilent et passent le poste de garde à plat ventre dans l’allée centrale; Il est 9 h 30 du matin.

Une fois en ville, nous nous séparons afin de ne pas nous faire repérer. l’un d’entre-nous ayant une carte SNCF s’est aussitôt « mis en civil » et est parti en direction de la gare St. Charles. Personnellement, n’ayant que très peu d’argent en poche mais beaucoup d’optimisme, je décide de faire du stop, direction Paris !

Je suis vêtu de ma tenue militaire bleue de l’armée de l’air et si bien des véhicules s’arrêtent , ils ne vont hélas pas très loin. La matinée touche à sa fin, et j’avançe sur le coté droit de la route (le mauvais !) lorsqu’une grande voiture s’arrête à ma hauteur, et le conducteur me demande ma destination. Paris n’est pas sur sa route car il se rend avec sa famille à Genève en passant par Grenoble. Il décide de me prendre quand-même à bord pour un bout de chemin et arrime mon sac à coté de leurs bagages sur la galerie, puis il m’invite à monter à l’arrière, entre sa jeune fille, Claire, et son fils aîné, Guy, qui se serrent amicalement afin de me laisser de la place.

Et nous voilà partis vers Valence, ou il compte me déposer.

En cours de route, son épouse, pour amorcer la conversation me dit « Oh, vous savez, lorsqu’il est en civil, il n’est pas méchant ! » en me parlant de son mari.

Panique à bord, petite sueur froide dans le dos, je me sens extrêmement gêné : en civil, as-t’elle dit ?? mais alors, c’est un militaire ?.

 
Et lui, finalement qui éclate de rire et m’explique tout simplement qu’il est Commandant de Gendarmerie, qu’il est très content d’aider un jeune militaire qui vient d’AFN et qui se rend en permission à Paris. Suspense !!

Par la suite j’ai appris à mieux le connaître, il savait pertinemment que j’étais en fausse permission car les trains étant gratuits pour les ‘vrais » permissionnaires, je n’avais rien à faire sur le bord de la route si j’étais en règle ! c’est donc bien après que j’ai pris totalement conscience de la bonté et de la générosité de cœur de ce haut gradé.

En passant à Montélimar, arrêt déjeuner. Je reste volontairement dans la voiture, vu mes finances réduites, mais ils insistent pour que je partage leur repas et m’envoient leur plus charmante ambassadrice, leur fille Claire qui est très gracieuse du haut de ses dix-huit ansi. Comment n’aurais-je pas été convaincu ??. Le repas se passe bien, le Commandant est extrèmement aimable et chaleureux, il me taquine même un peu car sa fille me fait les yeux doux. Elle voudrait bien que ses parents changent leur destinatioin de vacances et se rendent sur Paris ! Le prestiges de l’Aviateur, peut-être ? Mais je me contente de rougir un peu, le nez dans mon assiette.Il n’est pas question d’effectuer un tel changement dans leur programme signifie sa Mère et l’incident est clos. Le repas touche à sa fin et nous quittons le restaurant.

Avant de reprendre la route, ils achêtent du nougat et me l’offrent, en souvenir.
Avant d’arriver à Valence, la jeune Claire revient à la charge et propose à son père de passer par Lyon, prétextant que ce ne sera pas un grand détour, et puis que ça me rapproche de Paris. Très chic il accepte cependant et à la nuit tombante, nous arrivions à proximité de cette ville.

A un moment, je suis engagé dans une conversation très animée avec le Commandant et celui-ci ne fait pas attention à ses phares qu’il n’a pas mis en code. Un kilomètre plus loin, nous sommes arrètés par un barrage de Gendarmerie, l’un de ceux-ci fait ranger le véhicule sur le bas coté et s’adresse au conducteur d’un ton assez rogue « Vos papiers, s’il vous plaît, z’avez pas vu que vous êtes en infraction avec vos phares ? » Son interlocuteur, très calme, ne dit mot et tend ses papiers.

Et alors, je vous assure que je garderai toute ma vie en mémoire l’expression du visage de ce gendarme après lecture des documents ! S’il avait pu se cacher derrière son stylo, il l’aurait sans doute fait ! Il ne cesse de présenter ses plus plates excuses et ne sait plus comment se sortir de ce guêpier. Alors, magnanime, le Commandant lui dit « Ce n’est rien, mon brave, vous exercez consciencieusement votre métier, et c’est par distraction que j’ai laissé mes phares allumés !  »
Quel soulagement pour le pauvre gendarme et je suis persuadé qu’il a eu, ce soir là, la peur de sa vie !

L’heure de la séparation est arrivée et ce n’est pas sans un serrement de cœur que je fais mes adieux à cette charmante famille qui est et qui restera pour moi toute ma vie un modèle de générosité.

Après avoir échangé nos adresses respectives, le Commandant fait un nouveau détour et me dépose gentiment à la sortie de la ville, dans la direction de Paris puis ils font demi-tour et reprennent la route de Genève, leur destination primitive. La voiture s’éloigne et j’aperçois la main de leur fille Claire qui me fait des signes d’adieu par la vitre arrière. Je suis tout triste….

(NDLR : Depuis cette époque, nous avons échangé quelques correspondances. A travers elles je suivais le
Commandant Rouxel et sa famille dans les différents pays du tiers monde ou ses affectations successives l’entraînaient. J’ai appris ainsi le mariage de sa fille Claire, puis un dernier et très triste courrier m’apprenait le décès du Commandant. J’en suis resté profondément attristé.)

Suivant alors le conseil du Commandant Rouxel, je me dirige vers un petit restaurant, un « routier », afin de trouver un chauffeur qui se rendrait éventuellement en direction de Paris dans la nuit. L’un d’entre eux accepte et nous prenons la route son repas terminé. (moi, j’apprécie le nougat du
Commandant! ).

Mon rôle, en échange du « stop » est de parler au chauffeur pour l’empêcher de dormir. Alors je lui raconte ma vie de militaire depuis mon départ de France . A un moment, le moteur a des ratés et s’arrête. C’était bien ma veine, cette panne en pleine nuit ! Mais le chauffeur ne perd pas le nord : « Eh, jeune homme, puisque tu as ton brevet de mécanicien, tu vas pouvoir nous dépanner » ! C’est tout bête mais je n’y avais pas pensé. Diagnostic vite fait, j’avais étudié et travaillé en vraie grandeur sur des diesels, aussi ai-je vite fait de démonter un des injecteurs qui est bouché, de purger la tuyauterie de carburant et nous voici repartis.

Arrivés à Fontainebleau, nos chemins divergent et nous nous quittons alors que le jour se lève à peine.

Mon routier à cependant la gentillesse, avant de me laisser, de me confier à un autre chauffeur de ses amis et qui se rend à la porte de Vincenne. Celui-ci conduiit une benne, il transporte des sacs de plâtre. Il balance sans manières mon « sac à paquetage » à l’arrière de la benne et m’invite à partager sa cabine jusqu’à destination !
Bien fatigué par ce voyage, je dors un certain temps et j’ai encore les yeux tout bouffis de sommeil lorsqu’il me dépose à la porte de Vincenne. Après les remerciements d’usage, je prend mon sac à bras le corps et, pars à pieds à la recherche d’une station de métro. Je ne m’aperçois même pas que mon sac est plein de plâtre et que j’en mets partout sur ma tenue bleue marine !
A 8 h 15 le 28 septembre j’arrive enfin chez les parents de ma fiancée, à leur grand étonnement d’ailleurs, car ils me croient déjà sur le bateau en direction de la Tunisie.

Au bout de quatre jours d’insouscience et de bonheur partagé avec ma fiancée, l’inquiétude commence cependant à me tenailler. Je descend de mon nuage et fait le point : je suis sans permission, je n’ai pas de vêtements civils pour être moins repérable et je suis en infraction totale vis à vis de l’armée.
Après m’être renseigné discrètement et par personne interposée auprès de la Gendarmerie de la ville, mon inquiétude grandit un peu plus car j’ai appris ainsi qu’une absence sans motif supérieure à quatre jours est considérée, pour les militaires en AFN, comme une désertion ! Nous n’étions pas en guerre, cependant ? On nous le répétait suffisemment, malgré les attaques des fellhagas ??
Le pire, c’est qu’en cas de désertion flagrante, celle-ci peut être punie de la peine de mort par un tribunal militaire d’exception, .
Dans quel guêpier me sui-je fourré ? Aussi, je prend très vite la décision de repartir pour Marseille, et grâce à la générosité de la famille, je réussis à acheter, mais tout juste, un billet de train. On est le 1er octobre et il est 9 h 12.

Avant le départ, je remarque sur le quai de la gare un militaire de la Légion qui serre tendrement une jeune femme sur sa poitrine. Cela m’a marqué, sans plus, car les Légionnaires sont plutôt réputés pour avoir mauvais caractère et être sans cœur. Le hasard fait que je rencontre ce légionnaire dans le couloir du train, après le départ, et qu’exceptionnellement, il a envie de parler. Je l’écoute et je lui suis certainement sympathique car il ne veut pas que je le quitte pendant toute la durée du voyage. Il va même jusqu’à m’offrir de dîner avec lui au wagon restaurant : « Que faire de cet argent que j’ai gagné, dans le désert on ne dépense rien, alors régales toi, et tais toi » me dit-il; « Des sous ? j’en ai laissé plein à ma sœur que je n’avais pas revue depuis dix ans….et il m’en reste encore, alors n’aie pas de remords, c’est de bon cœur ». Son ton un peu rude cache, je le découvre, une grande gentillesse. Avant de l’avoir rencontré, je n’aurai jamais cru qu’un Légionnaire puisse aussi avoir un cœur. Le monde est beau, quand-même, lorsqu’on le découvre sous ce jour ?

A la fin du voyage, sa présence se révéle précieuse car, sachant ma situation inconfortable, il me conseille vivement d’éviter de me faire coincer à la gare Saint Charles, par la police Militaire. En effet, celle-ci contrôle tous les militaires et arrête sur le champ ceux qui ne sont pas en situation régulière !

S’il n’était pas là à ce moment, je crois que par lassitude, je me serai laissé arrêter. Mais il ne l’entend pas de cette oreille et monte dans sa tête un plan qu’il me demande d’appliquer à la lettre au moment de franchir le barrage de police militaire. Il me l’explique dans le détail : « Je vais rouler des mécaniques et les regarder dans les yeux…. ils n’aiment pas cela, alors je les attire vers la droite en pressant le pas et, pendant qu’ils me demandent mes papiers, tu files à gauche vers la sortie.  »
Ce qui fût dit, fût fait et tout se passe si vite que je me retrouve d’un coup seul dans les rues de Marseille. Il est 18 h 15
Je n’ai même pas eu le temps de remercier mon ami Légionnaire comme j’aurai désiré le faire, mais qui sait ,… peut-être qu’il n’aurait pas aimé ? Je ne le saurai certainement jamais. Mais je suis certain de quelque chose : c’est la seconde personne de mon épopée qui m’a épaulé avec autant de cœur et de chaleur humaine..

Peut-être qu’un jour mon ami le Légionnaire lira ces lignes ? Alors qu’il sache que je n’oublie pas, que je n’oublierai jamais, bien que je ne sache même pas son nom !

En ville, je fais de nouveau de l’auto-stop et je regagne ainsi les abords de la base de transit. A ce moment, je constate amèrement qu’il est presque plus difficile d’y rentrer…. que d’en sortir ! Il y a un contrôle sévère d’identité et des permissions au poste de garde, ce n’est pas le moment de me faire coincer.
J’attends donc, caché près de l’entrée du poste de garde que se produise je ne sais quel miracle, et c’est à ce moment qu’un malheureux « gus » se fait épingler. L’Adjudant qui effectuait ce contrôle empoigne alors le fautif par le bras afin de le faire arrêter et quitte de ce fait un court instant son poste . Alors, d’un bond, je franchis la porte et je cours me mettre à l’abris pendant….. que la sentinelle me fait un gros clin d’œil. !

Vu la foule des militaires en transit sur cette base, il me faut juste éviter les patrouilles qui sillonnent les rues pour contrôler les identités. Elle est immense, cette base de transit pour l’AFN, et le jeu des policiers militaires consiste à tenter d’arracher la carte d’identité des transitaires pris en défaut….!! La parade ? je l’ai apprise par mon copain responsable des embarquements : quitte à déchirer cette carte d’identité militaire, il faut absolument en conserver au moins un coin. Ensuite, il est possible de porter plainte !.Je me débrouille donc au mieux, sans me faire repérer, pour me restaurer, pour dormir, pour me laver et le lendemain, grâce à la complicité de mon éternel copain, (toujours le même aussi il commence à en avoir assez de me voir !!) j’embarque sur le « Charles-Plumier », un bateau civil à destination de Bizerte.Nous sommes le 2 octobre et il est 17 h.

Je pensais que, pour la troisième fois présent dans cette base de transit, la fin de mes tribulations approchait, mais c’était sans compter avec le destin.

Le voyage se déroule normalement sur une mer calme, les côtes de l’Afrique du nord se profilent à l’horizon et le bateau accoste bientôt à quai dans le port de Bizerte.Nous sommes alorts le 3 octobre, il est minuit.

Souvenez-vous de ce détail : je suis parti en permission en avion, depuis la base militaire de Bizerte……. Oui, et bien de ce fait, les militaires Tunisiens, montés à bord afin de contrôles l’identité des passagers me refusent le droit de débarquer du bateau !. D’après-eux, il n’y a aucune trace concernant ma sortie de Tunisie, il n’y a donc aucune raison pour que j’y entre de nouveau !!! Par contre, tous les autres militaires ayant participé à,ce voyage peuvent débarquer tranquillement !

Leur logique est tellement inplacable que je reste à bord alors que le bateau reprend la mer à 6 h 30 le 4 octobre, vers Tunis qui est l’escale suivante et où le bateau accoste à 8 h 15.
Là, le même scénario se renouvelle. Interdiction absolue de quitter le navire. Maintenant j’en ai la certitude : les Militaires Tunisiens n’aiment pas du tout l’uniforme Français !!!
Le bateau repart donc de Tunis vers Bizerte qui est la dernière escale avant le retour sur Marseilles.
Comme lors de ma première arrivée, le bateau accoste à quai dans port, de nouveau des militaires Tunisiens montent à bord………et je me fais opposer pour la troisième fois un refus total de débarquement en Tunisie.
Les jours passent et mon inquiétude augmente de pair car à chaque escale il y a déchargement des cales du navire et chargement d’une nouvelle cargaison, des passagers civils et militaires débarquent et embarquent. Finalement le bateau reprends la route maritime de Marseilles le 5 octobre à 17 h , avec à son bord des permissionnaires militaires Français….qui constatent avec ahurissement ma présence à bord et l’angoisse qui commence à me tenailler.

Pour un militaire de l’armée de l’air, je commençe à avoir plus d’heures de bateau que d’heures de vol mais j’ignorais à ce moment que mes déboires n’étaient pas terminés, loin de là !
Dans les cales du Charles-Plumier, nous sommes étendus sur des chaises longues. Cela semble étrange sur un bateau, mais ce sont les seuls sièges à cette époque qui peuvent se replier pour tenir moins de place. Et des militaires, ça ne voyage pas en cabine comme des civils, n’est-ce pas ??

Quelques temps après notre départ, je sens que le bateau commence à rouler et tanguer fortement. Des gars, malades, font dans la cale… ce que d’autres font habituellement par dessus le bastingage. Je vous laisse deviner l’odeur qui se répand très vite dans cet endroit clos et peu aéré !

De plus, un hublot n’est malencontreusement pas verrouillé et la première fois ou le bateau se couche sous la vague, celui-ci se retrouve sous le niveau de la mer, Il s’ouvre alors brutalement sous la pression de l’eau et un geyser de trente centimètres de diamètre jaillit avec une violence inouïe en inondant très fortement la cale

L’apparence de ce lieu devient franchement désolante, insoutenable même : les malades continuent à être malades, l’eau qui a pénétré, flue et reflue de bâbord à tribord, en entraînant avec elle, comme une mini marée dévastatrice tout ce qui traîne : chaussures, vomi, livres etc. Le spectacle est si navrant que je me précipite comme je peut vers le pont, à la recherche d’un peu d’air frais. Mas là je n’ai peut-être pas choisi la meilleure des solutions !

En effet, une tempête énorme vient de se déclarer et, de parole de marin, les vagues en Méditerranée atteignent rarement une telle hauteur.
Les marins viennent d’évaluer la hauteur des vagues à dix mètres, ils l’ont estimée par rapport à la hauteur de l’étrave qui mesure cinq mêtres. En effet, le haut plonge sous le niveau de l’eau dans le creux des vagues et le bas de celle-ci sort de l’eau sur les crêtes. Un déchaînement de furie difficilement racontable, il faut le vivre pour le ressentir.
Alors je me suis abrité à l’avant du navire, pensant être protégé par de gros conteneurs qui y étaient arrimés. Mais hélas, une vague plus plus forte que les autres est passé par dessus….je me suis retrouvé ruisselant, trempé des pieds à la tête.

Le port de Marseilles est enfin en vue et le débarquement s’effectue le 7 octobre à 12 h sans problème majeur. Je franchis de nouveau l’entrée de la base de transit et, à peine arrivé je cours prendre une douche afin de tenter de me débarrasser du sel qui me brûle la peau. Eh, je commence à être un habitué de ces lieux, n’est-ce pas ?

Ma tenue bleue est dans un état lamentable, le plâtre du camion benne plus l’eau salée qui sèche en laissant son sel à la surface…il y a des auréoles blanches et des taches de platre qui a durci partout, mes chaussures « de sortie » noires sont elles-aussi en piteux état et je n’ai pas de tenue de rechange. J’ai cependant bien honte de ma tenue ! Mais qu’y faire ?

Je pars, une fois de plus, à la recherche de mon
copain, qui râle encore en me voyant….. »Quoi ? encore toi ?? c’est pas possible !! ».

Je comprend bien qu’il commence à en avoir assez de me voir mais je n’ai que lui qui puisse faire quelque chose pour me sortir de ce fichu cercle vicieux dans lequel je tourne en rond. Il me retient quand même une ultime place en douce… sur un bateau militaire.
Il sagit de l’ Athos II, destination : Bône en Algérie, il lève l’ancre le 9 octobre à 17 h.
Puisque les Tunisiens ne veulent pas de moi par la porte, et bien, il ne me reste plus qu’a rentrer par la fenêtre !

Voyage sans histoire sur un bateau très âgé. Les cloisons intérieures sont à ce point rongées par la rouille qu’elles ont moins d’épaisseur résiduelle que les couches de peinture qui les recouvrent. De plus, des écailles de rouille s’en détachent en permanence et tombent au sol. Rassurant, n’est ce pas ?
Pour agrémenter la traversée, nous avons droit en prime à un exercice d’ « évacuation d’urgence du bateau ».
D’après mes calculs, je suis sous l’eau depuis quarante cinq minutes lorsque je réussis à poser le pied sur le pont et près d’un canot de sauvetage, tant il y a de monde à bord et tant les coursives sont étroites !
De plus, un marin nous confie dans le plus grand secret que des moteurs tout neufs ont été montés sur le bateau récemment mais que le commandant ne les poussait pas trop car la coque n’aurait pas tenu. Mais comme c’était un bateau destiné à être offert à la Tunisie, ce n’était pas grave ! Je laisse à ce marin inconnu la responsabilité de ses affirmations !!

Débarquement à Bône le 11 octobre à 8 h 30. Je retrouve ici (le hasard est parfois bien étrange !) mes trois compères d’escapade de la base de transit. Je leur raconte mon odyssée :
mes
cent cinquante quatre heures trente en mer (dont 115 h sur le Charles Plumier avec 24 h de mer démontée et 43 hde tempête ! plus 39 h 30 sur l’AtosII). Pour un aviateur… c’est un
comble, 6.280 km en tout !.

Eux, ont connu bien d’autres tribulations mais ça, c’est une autre histoire.

Nous tentons alors une sortie en ville et nous nous sentons un peu nus car nous sommes les seuls militaires en ville à ne pas avoir d’armes. Un de nous propose d’aller boire quelque chose et nous franchissons pour la première fois de notre vie les grilles
en chicanes qui évitent les jets de grenades dans les cafés et locaux publics. Sympa, le coin. Le patron nous confirme qu’il est
bien au courant car son café y a eu droit : un fells en vélo a  balancé une grenade au passage…..un carnage à l’intérieur.

A un moment, une fusillade éclate, pas très loin d’ici d’après nos estimations. Les rues s’animent, des camions militaires circulent à toute allure, il n’y a plus un piéton en vue.

Après réflexion, nous décidons de regagner la base en rasant les murs et là nous sommes accueillis assez fraîchement par le gradé de service au poste. « Vous n’êtes pas fous de vous balader en ville sans armes et alors qu’il y a un couvre feu depuis un quart d’heure » !

On ne savait pas quelle contenance prendre mais cette bavure a servi nos souhaits, puisque le 13 octobre un camion nous ramenait a Bizerte où nous arrivons à 11 h 15 le même jour.

Lorsque je franchis de nouveau les portes de ma base d’affectation à Bizerte, je prend réellement conscience que je suis absent de celle-ci depuis plus d’un mois, ce qui est énorme et impensable, aussi je m’attends au pire……. et ne suis pas très fier en me présentant « au rapport » devant le Capitaine Pastrie, le Commandant du CLA !.

Et là j’ai découvert pour la troisième fois une personne de cœur, en la personne de mon Capitaine, une personne qui a su m’apporter aide et réconfort alors que j’étais dans une situation très critique par ma faute.

 J’ai su par la suite qu’il n’avait pas signalé mon absence, profitant du fait que nous vivions, au CLA, en une sorte d’otarcie par rapport au reste de la base. Nous étions quasiment autonomes, plus proches des règles qui régissent le personnel naviguant que du personnel au sol.

Je ne savais pas, à mon retour, quelle source de renseignements il possédait, mais il était au courant dans les grandes lignes de mon aventure et a fait ce qu’il fallait pour qu’on ne retrouve jamais ma permission. Lui seul l’a vue pour la dernière fois, elle avait beaucoup circulé, m’a t’il dit un jour, et il y avait tellement de signatures et de tampons dessus…qu’elle était illisible.

En effet, contrairement à ce que je pensais, chaque mouvement de personnel militaire Air depuis la base de transit de Marseilles était aussitôt signalé à la base de départ. Donc, mon titre de permission, dont je n’aurais jamais du être séparé, partait illico rejoindre la BTA, Base de Transit Air puis me suivait dans mes périgrinations, mais avec juste quelques jours de décalage !!.

Je reste intimement persuadé que mon Capitaine en a rajouté….des tampons !!.

La morale de cette aventure, c’est qu’il ne faut pas toujours se fier aux apparences ou aux jugements tout faits concernant les personnes que nous sommes amenés à rencontrer. Il y a l’apparence, l’uniforme, le grade, le rôle à jouer dans la fonction, l’implacabilité du règlement militaire etc. mais il y a aussi l’homme et son cœur qui se cachent bien derrière toutes ces façades.

La seconde morale, c’est que, malgré mon absence de deux mois, et grace à mon Capitaine, je n’ai eu aucune sanction. Par contre, lors de mon affectation précédente à la Base d’El-Aouïna, j’ai commis la lourde faute de m’absenter un soir, invité par la famille Italienne d’une jeune adolescente dont j’avais fait la connaissance en ville. Je suis donc resté chez eux pour la nuit car il était très tard au moment de les
quitter. Absent sans motif à l’appel du soir, j’ai écopé de 15 jours de prison !…mais est-ce bien moral ????

Entre cette épopée qui s’est déroulée après moins d’un an d’armée, vous vous doutez certainement que j’ai connu bien d’autres tribulations jusqu’à la fin de mon service le 09 janvier 1959, certaines comiques, d’autres tragiques….mais elles feront l’objet d’autres « Tranches de vie »..

La photo ci-contre à été prise juste avant mon départ du CLA pour regagner la France en permission libérable, la fin de mon calvaire qui avait duré 27 mois et demi au lieu des trente du départ…….c’était le 26 décembre 1958, mon Capitane fait un bras d’honneur à ma vie de militaire mais aussi pour me
souhaiter bonne chance pour mon retour à la vie civile. Il était accompagné de l’adjudant chef commandant en second du CLA. J’ai oublié le nom de ce-dernier…mais pas celui de mon « Pitaine » !!!

C’est bien dans l’ennui que l’on découvre ses vrais amis de coeur.

Merci, Commandant Rouxel…. Merci, mon Légionnaire inconnu…. Merci Capitaine Pastrie….

 

Michel DECOMBLE

Redigé en novembre 1996

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Publié 9 mai 2011 par micdec dans MES TRANCHES DE VIE

4 réponses à “TR.03 Ma « désertion » involontaire en AFN !

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  1. J’étais sur la base école 722 à Sainte proche de Rochefort… Comme j’étais chargé de faire les titres de permissions, j’avais donc accès au tampon de la Marianne ce précieux sésame… J’ai fait la même chose pour partir quelques jours… avec une prolongation de 21 jours, ceci sans aucune sanction. Ô Inconscience de la jeunesse !
    Plus tard, j’ai incité 2000 hommes à faire la grève de la faim pour l’arrivée du général Favre à la base… J’ai risqué 6 mois de forteresse près de Modane… Je m’en suis tiré avec juste une réprimande du Colon Commandant la base.
    Ceci s’est passé en 63/4.

    • Bonsoir
      Merci pour les compliments, c’est sympa…Au sujet de ce billet, ça s’est passé pour moi de 56 à59…et hélas, les instructeurs ont été déplacés depuis Rochefort…pas de chance !!
      Sinon, oui, il fallait une sacrée motivation pour prendre des risques pareils…ou une bonne dose d’inconscience !!
      Des que je le pourrais, j’irais faire un tour sur ton blog…en ce moment, il me faudrait une seconde retraite..dans une autre dimension LoL
      J’ai encore deux « tranches de vie » a publier et mettre en forme….pas aisé avec les polices et les couleurs…

  2. Et bien je vois que les aventures existent bel et bien pour les militaires. Une sortie « en fausse » s’est mal terminée pour mon papa. Il a été passé à tabac et défenestré à son retour à la base militaire de Lunéville, car l’avis de décès d’une tante était parvenu en son absence sans qu’il ait eu le temps de rentrer.
    J’avais 8 mois et demi et je venais de perdre mon papa, la « grande muette » a bien mérité son nom, il a été déclaré « suicidé » et son adjudant a pu continuer ses exploits, aux dires de ma mère !
    Mais j’aime bien malgré tout ton billet qui est plein de vie. J’adore le passage du bateau 😆
    Bises et bonne fin de journée

    • Bonsoir Rosine Je suis sincèrement désolé que mon billet, que j’ai voulu traiter sur le mode humoristique tout en citant des noms (il y a prescription), ait pu te rappeler de très tristes souvenirs au sujet de ton Papa…Oui, la grande muette agit dans les deux sens et il est toujours difficile, de connaitre la vérité… A bientôt…et merci de tes commentaires, même tristes comme celui-ci, ils me font très plaisir…car je me sens capable de partager, même ta peine réactivée… Je t’envoie une amicale bise et te souhaites une bonne nuit… Michel

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