PROMENADE AU CIMETIÈRE DES ANIMAUX   Leave a comment

PROMENADE AU CIMETIÈRE DES ANIMAUX A ASNIÈRES

Curiosité   Texte : A. Le ROUX  Photos : c. Perrucon

Extrait de « ASNIERES INFOS » – Magazine mensuel d’informations Municipales – Octobre 2013 – N° 347

J’ai voulu conserver trace de cet article car j’ai vécu 20 ans à Asnières , de 1936 à 1956….

et j’y ai travaillé de 1954 à 1987, à la Sté des Usines  CHAUSSON, équipementier Automobile.

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Depuis 114 ans, Asnières possède un cimetière des animaux, qui fait \a renommée de la ville, au-delà de l’Hexagone. Un lieu insolite dont l’histoire aux multiples entrées se construit par l’addition d’anecdotes.

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Chaque matin, pour Michel, c’est quasiment le même rituel. Il quitte son domicile dans le XIe arrondissement de Paris pour venir se recueillir sur la tombe de sa Ménie adorée qui repose dans le cimetière des animaux d’Asnières. « Quand je ne viens pas ici, je suis tristounet toute la journée », explique ce préretraité qui a perdu son chat il y a deux ans, et qui voulait à tout prix lui trouver une sépulture. «J’en suis à mon sixième chat. Le dernier, je l’ai adopté au centre de la SPA à Gennevilliers. Mais Mé-nie est la seule à qui j’ai voulu donner une sépulture », poursuit-il. Comme beaucoup de Parisiens qui n’ont pas de jardins, il a recherché un endroit pour enterrer son animal et a trouvé le cimetière des animaux d’Asnières, qu’il ne connaissait pas. Ce rituel du matin n’est pas seulement pour sa petite Ménie, diminutif du mot Arménie, terre de ses attaches familiales. « Je viens ici également parce que c’est un endroit plein de quiétude, propice à la méditation. C’est calme, ombragé. Il y a la proximité de la Seine et les balades dans le parc Robinson. » En ce dimanche après-midi, le cimetière est ouvert gratuitement pour les journées du Patrimoine. L’endroit a perdu un peu de sa quiétude ordinaire. On se balade en famille entre les tombes. Françoise, une concessionnaire du XVIIe arrondissement qui vient régulièrement entretenir la tombe de ses deux chats, vient également dans ce lieu pour se recueillir, mais aussi pour y faire des rencontres avec d’autres personnes qui ont une concession. « On se donne des petits coups de main entre concessionnaires pour entretenir les tombes. » C’est bien connu, l’amour pour les animaux se transmet, se partage et les concessionnaires du cimetière des animaux d’Asnières en savent quelque chose, car sans eux, s’ils ne s’étaient pas regroupés en comité de défense, ce lieu n’aurait sans doute plus existé aujourd’hui. « Nous étions plus de 800 personnes à participer à un sit-in au sein même du cimetière en 1986 », se rappelle Eric Feller, le président de l’Association de défense du cimetière des chiens et autres animaux (ADCC).

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Ce cimetière, créé en 1899 par la comédienne et journaliste Marguerite Durand et par Georges Harnois, son premier directeur, était menacé de disparaître sous le béton des promoteurs. « Les propriétaires voulaient vendre, alors un terrain d’un peu plus d’un hectare en bord de Seine, ça attise les convoitises. Nous nous sommes alors tournés vers la mairie d’Asnières qui devant l’émoi provoqué, à nos côtés, a fait le nécessaire pour obtenir le classement du cimetière à l’inventaire des Monuments historiques », poursuit Éric Feller. La ville a ensuite repris la gestion du lieu dans les années 90. Depuis, le cimetière est géré par un régisseur qui est un agent de la ville.

Actuellement, le poste est occupé par Lionel. Un job un peu particulier qui comporte un travail administratif, de surveillance et de renseignement du public. « Nous avons régulièrement des tournages, des demandes de reportages, des journalistes qui appellent », explique Lionel. Il n’a pas fini sa phrase que le téléphone sonne. Au bout du fil, une journaliste du magazine Capital de M6 qui veut connaître les prix des concessions pour un futur reportage sur le business animalier.

C’est aussi le régisseur qui attribue les emplacements pour les sépultures. Celles-ci peuvent être attribuées pour une année, jusqu’à vingt ans. Certaines sont là pour l’éternité. « Lorsque la concession n’est plus payée ou complètement abandonnée depuis de nombreuses années, alors on la récupère pour l’attribuer à quelqu’un d’autre », poursuit Lionel.

Et puis il y a l’accueil du public. Le régisseur informe, renseigne les visiteurs, leur glisse l’emplacement des tombes de « personnages » bien connus. Certes, ce n’est pas le Père Lachaise et son défunt célèbre Jim Morisson, mais le cimetière asniérois a aussi sa vedette du petit écran avec Rintintin. D’autres animaux illustres comme le chien Moustache, héros de la grande

armée napoléonienne, mort au champ d’honneur en Espagne le 11 mars 1811, a droit à sa plaque. « Lorsqu’on est régisseur du cimetière des animaux, on ne peut pas rester indifférent à l’histoire de ce lieu », poursuit Lionel.

Jean-Luc, son prédécesseur en devient quasi-intarissable. Sa curiosité l’a amené à se plonger dans les livres qui ont été consacrés à la vie de Marguerite Durand. « On l’appelait la frondeuse, pour ses convictions féministes et en raison du journal qu’elle a fondé, La Fronde. Elle possédait une lionne, cédée au zoo du Jardin des Plantes. Elle aurait été enterrée dans le cimetière mais il n’y a aucune preuve. ..Il ya beaucoup d’histoires comme celle-là sur le cimetière dont on ne sait plus si elles sont vraies ou si elles tiennent de la légende », précise Jean-Luc. Tout cela laisse planer le mystère sur le lieu original. « II existe plein d’entrées possibles pour narrer l’histoire du cimetière, renchérit Eric Feller. Il y a Moustache, bien entendu, pour raconter l’épopée napoléonienne. On peut aussi évoquer les débuts de l’utilisation des chiens par la Police, dont certains sont enterrés au cimetière. On peut encore évoquer la Grande Guerre. Des chiens furent dressés pour flairer la présence de gaz toxiques dans les tranchées… »

Des personnes connues ont fait enterrer leur animal de compagnie à Asnières. Au mois d’octobre, le réalisateur Bertrand Bonello y tournera une des scènes de son prochain long métrage, Saint-Laurent. Le plan à tourner sera consacré au célèbre couturier, qui adorait les chiens. Le scénario prévoit un plan où Yves Saint-Laurent, interprété par l’acteur Gaspard Ulliel, vient se recueillir dans le cimetière d’Asnières. Les visiteurs sont nombreux. Après 27 années de présidence de l’ADCC, Éric Feller n’en démord pas. Asnières tient sa renommée grâce à son cimetière des chiens et ce monument pourrait, selon lui, être encore mieux valorisé. « C’est bien simple, Asnières est célèbre pour Le 22 à Asnières de Fernand Raynaud et pour son cimetière des chiens. Le 22 a un peu vieilli. Il reste donc le cimetière et ce pour l’éternité puisqu ‘il est classé. » Difficile de ne pas donner raison au défenseur du cimetière. À l’heure du SMS, de Skype et de la 4G, il est vrai que l’opératrice du téléphone public a pris quelques rides…

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Publié 30 octobre 2013 par micdec dans SOUVENIRS

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