ARMES CHIMIQUES SOUS LA MER   Leave a comment

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Ce fichier est une partie importante d’un autre fichier que je vous conseille de lire auparavant : « POISSON OU POISON »

Sommaire

  1. Présentation

  2. Les auteurs du documentaire

  3. Entretien avec Nicolas Koutsikas

  4. Repères historiques

  5. Les principaux gaz utilisés

  6. L’architecture du documentaire

  7. Précisions et documents sur les différentes séquences

  8. La forme audiovisuelle

  9. Pour aller plus loin

Remerciements

Le CDDP 17 remercie, Bob Coen, Eric Nadler et Nicolas Koutsikas, réalisateurs du documentaire « Armes chimiques sous la mer », et la chaîne Arte pour leurs aimables autorisations ainsi que le Sunny Side of The Doc pour le concours apporté à l’opération Parcours documentaire.
Les pistes pédagogiques sont proposées par ChantaI Le Guillou, professeur agrégée de Géographie au lycée Jean Dautet à La Rochelle.

Fiche technique du film

  • Documentaire 88 min – 2013

  • Réalisateurs : Bob Coen, Eric Nadler et Nicolas Koutsikas

  • Production : Arte France, Georama TV, NHK, Heilongkiang TV Station, Macgutf

  • Première diffusion sur Arte 25février2014

Site : http://www.arte.tv/puide/fr/048909-000/armes-chimigues-sous-la-mer

Présentation du documentaire

De véritables bombes à retardement dorment au fond des mers et des océans de toute la planète. Plus d’un million de tonnes d’armes chimiques héritées des deux guerres mondiales nous menacent encore aujourd’hui. De 1917 à 1970, pour se débarrasser des stocks explosifs et hautement toxiques, les armées des grandes puissances mondiales les ont déversés dans les océans. Le contenu de ces armes, des poisons mortels encore actifs, s’échappe peu à peu dans la mer, menaçant les pêcheurs, les baigneurs, les poissons et tout l’écosystème.

Les auteurs du documentaire

Nicolas Koutsikas est un réalisateur qui a principalement réalisé des documentaires sur les problèmes environnementaux, notamment:

  • • Talon d’Achille, 2006 (sur le GuIf Stream)

  • • Kivalina (avec Stéphan PoulIe) 2009 (sur un petit village d’Alaska menacé de disparition à cause du changement climatique)

  • • Carbone Ennemi Public N 01, 2009 (sur le changement climatique)

  • • Tipping Point (avec Laurence Jourdan), 2011 (sur l’acidification des océans)

Eric Nadler est un réalisateur et producteur basé à New York. Il notamment réalisé un film Stealing The Fire, 2002 sur marché noir des armes nucléaires.

Bob Coen est un réalisateur mais aussi journaliste et longtemps correspondant de guerre pour la chaîne CNN Afrique, primé plusieurs fois pour des films sur l’Afrique. En 2003 il est co-fondateur de Transformer Films, une maison de production qui s’oriente vers une forme de documentaire plus alternatif. Il est notamment l’auteur du documentaire, Marchands d’anthrax, 86 mn, 2009 (une enquête fouillée sur les armes biologiques et l’affaire des attaques à l’anthrax survenues fin 2001 aux Etats-Unis), documentaire dont Eric Nadler est coproducteur. Le film Armes chimiques sous la mer est dans la même veine.

Entretien avec Nicolas Koutsikas sur le Blog documentaire (5 février 2014):

Le Blog documentaire : Qu’est-ce qui vous a amené à vous lancer dans cette investigation sur les armes chimiques immergées?

Nicolas Koutsikas : Si j’avais déjà entendu parler du phénomène par des pêcheurs en mer Baltique il y a une dizaine d’années, le film a vraiment germé quand j’ai rencontré en 2009 une équipe de scientifiques américains qui cherchaient à évaluer la nocivité des armes chimiques immergées. Mais les militaires interdisaient que toute caméra les accompagne. J’ai alors débuté mes investigations, en commençant par la rencontre avec le journaliste italien Gianluca Di Feo qui avait découvert, grâce à des archives de Winston Churchill, que l’arsenal chimique de Mussolini était enterré à des points précis, sous terre et au fond des mers. Mais à l’époque, je pensais que c’était un problème local, peut-être même exagéré. Jusqu’à ce que je comprenne que le phénomène était mondial, que partout dans le monde des quantités importantes d’armes chimiques avaient été jetées à la mer par les Etats, et ce depuis la Première Guerre Mondiale. Il m’a semblé nécessaire de faire un film pour alerter le public à ce sujet et évaluer les risques pour la santé, la chaîne alimentaire et l’environnement…

 

A quelles difficultés avez-vous été confronté pour effectuer cette enquête?

Trois ans ont été nécessaires pour construire ce film car c’est une histoire difficile à raconter. D’abord parce que notre sujet est caché à 100, parfois 1 .000 mètres de profondeur. Le premier défi du film consistait donc à trouver ces armes chimiques. Nous avons réalisé des repérages avec nos propres plongeurs en Italie, et localiser ces munitions s’est avéré difficile en raison des courants qui les déplacent, et parfois les sédiments les recouvrent tellement que les caméras ne les voient pas. Et surtout, l’armée n’a toujours pas révélé les positions des décharges sous-marines, classées secret défense jusqu’en 2017! Du coup, outre quelques rares documents fournis par les militaires américains, les seules informations disponibles viennent des pêcheurs, de quelques scientifiques et historiens, et elles sont éparpillées partout dans le monde.
Vous devez les rassembler comme un grand puzzle où il manquerait toujours une pièce, où les informations doivent être sans cesse vérifiées et recoupées car des intérêts financiers, touristiques, militaires sont bien sûr en jeu… D’où le temps long nécessaire à la préparation du documentaire.

Pourquoi la France, pourtant concernée par le problème, est-elle absente du film?

Contrairement à l’Allemagne ou à l’Italie par exemple, il n’y a pas d’archives à ce sujet en France, et il n’y a aucun scientifique, militaire ou même historien — si ce n’est dans la perspective de l’histoire générale — qui s’intéresse au phénomène. En fait, la question n’est tout bonnement pas soulevée, et celle des armes chimiques en général est en quelque sorte ignorée. La position de la France reste pour moi incompréhensible: impliquée dans deux guerres mondiales, elle dit n’avoir aucun stock de ce type de munitions — comment les a-t-elle détruites alors? — et elle n’ouvrira sa première usine de destruction d’armes chimiques qu’en 2016! C’est pourquoi les armes actuellement récupérées en Syrie sont traitées en Grande Bretagne, en Allemagne et aux Etats-Unis. Pourtant, il existe bel et bien des décharges repérées au large des côtes françaises, notamment en face de Saint- Tropez ou dans le golfe de Gascogne…

Heureusement, certains pays semblent plus concernés…

En effet. Et les pays les plus avancés sur la question sont ceux qui se situent autour de la mer Baltique, qui est la plus polluée au monde. En Pologne par exemple, il y a même une réelle volonté politique à ce sujet, et des scientifiques financés par l’Union européenne ont lancé des campagnes d’exploration. Mais leurs investigations sont très limitées, en raison des moyens, mais surtout de leur dépendance vis-à-vis des autorités militaires. Non seulement elles prêtent le matériel, comme ces petits robots nécessaires pour capter les images dans les grandes profondeurs et pour prélever des échantillons, mais aussi et surtout: il est impossible de manipuler les armes chimiques sans leur autorisation. Et s’il est vrai que des interventions spécifiques sont bien prévues quand certains types de munition échouent sur le rivage ou représentent un danger, les militaires n’envisagent en aucun
cas de se lancer dans un travail de déminage de grande ampleur…

Pourquoi la destruction des armes chimiques immergées découvertes n’est pas encore systématique?

L’organisation mondiale pour l’interdiction des armes chimiques [Prix Nobel de la paix 2013, NDLR] a mis en place un protocole de destruction précis et couteux, comme celui actuellement suivi pour les armes syriennes. Du coup, lorsque des munitions sont découvertes, elles sont le plus souvent rejetées à la mer. On soupçonne ainsi fortement la compagnie Nord Stream d’avoir procédé de la sorte lors de la construction d’un gazoduc en mer Baltique, même si ses responsables disent le contraire. L’omerta est aussi très pesante chez les pêcheurs qui préfèrent rejeter les armes prises dans leurs filets pour éviter les tracas administratifs, ce qui n’est pas sans poser des problèmes de sécurité alimentaire. Car les poissons pêchés avec ces armes se retrouvent le plus souvent dans nos assiettes. A ce jour, le Danemark est le seul pays à avoir pris des mesures de précaution en ce sens, et quand j’ai interrogé le commissaire européen en charge de la pêche, il m’a dit que ce n’était pas un sujet de préoccupation…

Combien de temps faudra -t-il selon vous pour que l’on commence à trouver des solutions?

Quand la convention sur l’interdiction des armes chimiques a été adoptée en 1992, elle prenait seulement en compte le stock actuel d’armes chimiques, soit environ 100.000 tonnes, mais elle ignorait le million de tonnes de munitions immergées. Si certains pays comme la Pologne et la Norvège, et le Canadien Terrence P. Long, président des dialogues internationaux sur les armes sous-marines, alertent régulièrement l’organisation à La Haye, aucune mesure n’a été prise aujourd’hui. Et même lorsque le secret-défense sera levé, que l’on pourra enfin taire l’inventaire des décharges et lancer des recherches sur leur nocivité, il faudra selon moi des années, voire des décennies, pour trouver des solutions. D’autant que l’on ne connaît rien encore de l’arsenal chimique russe, au moins tout aussi important que celui des Etats-Unis…

Vous êtes allés jusqu’au Japon pour filmer les uniques chantiers de déminage existants… Comment y avez-vous eu accès?

Les seuls à avoir mis en place de véritables processus techniques de destruction systématique d’armes chimiques sont en effet les Japonais. Mais nous ne pouvions filmer ces opérations de déminage que si la télévision nationale japonaise, la NHK, acceptait d’entrer dans la production du film, ce qu’elle a refusé quatre fois de suite — le sujet étant encore trop sensible selon eux dans le pays -, avant de finalement accepter. Ainsi, nous avons non seulement pu filmer le chantier de déminage, mais aussi attirer un coproducteur chinois fait exceptionnel, d’autant plus sur un sujet politico-scientifique. Grâce à la confiance première d’ARTE, le film a ainsi acquis une réelle dimension internationale, avec pas moins d’une trentaine de pays impliqués. Il sera ainsi diffusé dans les mois à venir aux quatre coins du monde, dans pas moins de cinq versions linguistiques différentes.

Qu’espérez-vous de la diffusion de votre film?

J’espère qu’il devienne un unique et véritable outil de communication autour du sujet. Grâce notamment au soutien de la fondation du Prince Albert Il de Monaco, engagée dans la protection des fonds marins, nous allons mener plusieurs actions de sensibilisation et diffuser le film à la Haye dans le cadre de l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques. Je suis heureux que le documentaire puisse ainsi participer à une campagne en faveur de l’application du principe de précaution : il s’agit de permette que la mer ne soit plus jamais un dépotoir. Et je suis fier et heureux que le film puisse enfin initier un débat jusqu’ici jamais abordé: la question de l’impact de la guerre et des conflits sur l’environnement, des déchets militaires et de leurs traitements. Je reste assez optimiste à ce sujet, car les préoccupations écologiques se sont imposées depuis les années 70, même dans les esprits militaires. J’ai même rencontré des hauts gradés qui envisagent, même si cela peut paraître absurde de prime abord, de créer des munitions cc vertes ».

Entretien à retrouver à l’adresse

httr:cinemadocumentaire.wordpress.com/2014,02 05 docunieritaire a nies-eh a-mer-entretien-avec-nicolas-koutsikas/

 

Repères historiques

22 avril 1915: L’Armée allemande fut la première à lancer une offensive chimique  d’envergure, lors de la 2ème bataille d’Ypres en Belgique, en utilisant un gaz chloré.

1917 : Le gaz moutarde devient le « roi des gaz de combat ».

2 décembre 1943 : Début de la plus grande catastrophe chimique en Europe 105 bombardiers de la Luftwaffe coulent 27 navires américains dans le port de Ban, dont le John Harvey, qui transportait une cargaison secrète de 2000 bombes de gaz moutarde.
Pour éviter d’offrir aux Allemands une grande victoire sur le terrain de la propagande, les Alliés décident de garder le secret sur la nature des armes. Des centaines de civils italiens ne reçoivent alors aucun traitement lorsque le nuage de gaz envahit leur ville…

17 juillet – 2 août 1945 : à la conférence de Potsdam, les Alliés victorieux concluent un accord : ils se répartissent les stocks de toutes les armes chimiques et décident de les déverser en mer. A l’époque, cette solution paraît la plus simple et la plus sûre. Des immersions d’armes chimiques ont eu lieu en mer du Japon, dans l’océan Indien, en mer Baltique, en mer du Nord, dans l’Atlantique Nord, au large de la Côte d’Azur, en France et au large des côtes américaines et canadiennes.

1970 : Fin des versements en mer des armes chimiques.

1972 : Une loi du Congrès américain interdit le déversement d’armes chimiques en mer.

13 janvier 1993 : Signature à Paris de la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction. Elle est entrée en vigueur le 29 avril 1997.

2005 : Début de la construction du gazoduc Nord Stream, qui révèle au grand jour la présence des armes chimiques dans la mer Baltique.

11 octobre 2013 Le prix Nobel de la Paix est décerné à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques. Créée en 1997, elle a supervisé la destruction de 80% des stocks d’agents chimiques déclarés (environ 60 000 tonnes), ainsi que près de 60% des 8 millions de munitions.

12 décembre 2013 : L’ONU confirme l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. Aux termes de
la résolution, toutes les armes chimiques syriennes doivent être détruites avant le 30 juin 2014.

2017 : Date de la levée du secret d’état concernant les immersions en mer aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

 

Les principaux gaz utilisés

De nombreux produits toxiques ont été employés dans les armes chimiques. Ces produits se présentent généralement sous forme de gaz ou d’aérosols largués dans des bombes ou pulvérisés par des avions spécialement équipés.

Parmi les principaux

L’Arsine ou le trihydrure d’arsenic

Un gaz incolore et toxique, plus lourd que l’air, utilisé par l’armée allemande, en association avec d’autres gaz, dans les obus chimiques de la Première Guerre mondiale. Diffusé en aérosol assez fin pour passer la barrière des filtres des masques à gaz, il forçait les soldats à tousser, éternuer ou vomir. Poussés à ôter leur masque, ils respiraient alors d’autres gaz mortels libérés par les obus. Dans la mer, les armes chimiques à base d’arsenic se décomposent en arsenic inorganique, qui est toxique.

Le chlore

Utilisé lors de la première attaque chimique en 1915, le chlore est un puissant agent irritant qui peut infliger des dégâts aux yeux, au nez, à la gorge et aux poumons. A haute concentration, il peut causer la mort par asphyxie.

Le gaz moutarde

Il s’attaque à tous les organes du corps, provoquant de fortes brûlures, notamment aux yeux, menant à la cécité. Jusqu’à dix jours après l’exposition, les poumons peuvent être atteints toux, inflammation, saignements, puis apparition de lésions alvéolaires entrainant une détresse respiratoire, un oedème pulmonaire et la mort. Dans la mer, le gaz moutarde se décompose en soufre, carbone et hydrogène, des éléments chimiques relativement inoffensifs.

Le Sarin

Découvert en 1939 par trois chercheurs allemands à la recherche de meilleurs pesticides, le gaz sarin est une substance inodore, incolore et volatile. Même à très faible dose, ce neurotoxique peut être fatal pour l’homme et l’animal.

Le Tabun

Découvert par hasard en Allemagne en 1936 par Gerhard Schrader, c’est un gaz à action rapide, inodore et incolore, qui s’attaque au système nerveux et respiratoire.

 

Accompagnement pédagogique (niveau lycée)

A. L’architecture du documentaire

Introduction (début à 2’lO)

Le sujet est introduit en laissant brièvement la parole à différents intervenants qui sont ultérieurement présentés et interviewés dans le film : victimes du phénomène (pêcheur italien près de Ban), scientifiques (biologiste allemand spécialiste de l’environnement), journalistes (un Italien un Américain), responsables de l’environnement (responsable polonais de l’environnement en mer Baltique). Cette introduction montre également des images d’archives de la Seconde Guerre Mondiale et des images de fonds marins très dégradés où l’on trouve des armes chimiques.

Puis les faits sont posés en voix off: ‘<Au fond des mers de véritables bombes à retardement. Plus d’un million de tonnes d’armes chimiques non utilisées gisent sur les fonds marins de toute la planète. Le poison qu’elles contiennent est diffusé lentement, inexorablement ».

Notons que le titre du film en allemand (qui apparaît à la fin du générique) est plus précis et accrocheur que le titre français : « Versenktes Gift. Wie Chemiewaffen das Meer verseuchen (Poison coulé. Comment les armes chimiques contaminent l’océan).

1. Naissance et développement des armes chimiques et devenir des stocks après la Seconde Guerre Mondiale (2’lO à 6’50)

Rappel scientifique sur l’origine des armes chimiques et leurs effets sur l’homme (animation), leur utilisation pendant la Première Guerre Mondiale à partir de la 2 bataille d’Ypres 22 avril 1915.

L’augmentation considérable des stocks dans l’Entre-deux-guerres, stocks très largement inutilisés pendant la Seconde guerre Mondiale et qui sont alors coulés au fond des océans (images d’archives).

La séquence se termine par un tour du monde des sites d’immersion de ces armes qui montre que le phénomène a une ampleur mondiale.

2. Début de I enquête sur la région de Ban (mer Adriatique) (6’50 à 21’50)

On suit le journaliste italien Gianluca Di Feo rédacteur en chef du magazine l’Espresso
Il évoque notamment la catastrophe qui s’est produite le 2 décembre 1943 dans le port de Ban (un deuxième» Pearl Harbour ») : 27 navires américains coulés dont le John Harvey qui transportait des armes chimiques (ce qui a été caché à la population pourtant contaminée par l’explosion). A la fin de la guerre il y avait un immense cimetière chimique à Ban. Les armes ont été récupérées et dispersées jusque vers Molfetta.

Depuis les années 1950 les pêcheurs récupèrent occasionnellement des substances brunâtres et il y a eu de très nombreux accidents. Ce n’est que très récemment (2011) que les élus locaux commencent à prendre conscience de la gravité du problème et des risques sur les écosystèmes et les hommes.

D’où des recherches scientifiques sur l’état des stocks (à l’aide de robots filoguidés) et sur la faune (notamment les congres qui vivent dans les fonds marins et à l’occasion utilisent les obus vides comme refuges ).

 

3. Poursuite de l’enquête en mer Baltique, région du monde où le problème est très inquiétant (21’ 50 à 49’15)

La mer Baltique a été le théâtre de violents combats pendant la Seconde Guerre Mondiale puis on y a déversé des munitions non explosées. Elle est considérée comme la mer la plus polluée au monde.

L’enquête commence en baie de Lùbeck (Schleswig-Holstein, Allemagne) où une équipe de plongeurs tente de faire un repérage pour voir dans quel état sont ces armes. Ils pensaient qu’elles avaient été coulées très loin dans la fosse de Bornholm ou dans le Skagerrak (Danemark) or il semble que certaines armes aient été coulées plus près du littoral, un problème que personne ne veut aborder car c’est mauvais pour le tourisme.
Il est ensuite question des techniques de déminage utilisées quand ce type d’armes est retrouvé.

Le reportage évoque alors la construction du gazoduc Nord Stream de plus de 1200 km à travers la Baltique et les problèmes rencontrés sur son tracé.

Il est ensuite question d’un grand projet de recherche de l’U.E. pour cartographier les zones concernées en utilisant un robot filoguidé et en faisant des prélèvements pour voir l’éventuelle contamination des sédiments et l’état des espèces marines.

La séquence se termine sur la manière dont les bateaux de pêche de l’île de Bornholm au Danemark gèrent cette menace. Ils ont des kits pour nettoyer en cas d’urgence; bénéficient d’un système d’indemnisation financière s’ils attrapent des poissons contaminés. Une équipe d’intervention est prête à intervenir 24/24 avec combinaison NBC pour décontaminer les navires.

4. Un phénomène d’ampleur mondial : enquête aux Etats Unis auprès des milieux militaires (49’25 à 62’15)

Le programme américain d’armes chimiques a été le plus important de l’histoire à l’échelle de la planète. Que sont devenues ces armes?

Un journaliste de Virginie, John BulI, a commencé une enquête en 2005 et a découvert l’ampleur des stocks lancés par-dessus bord au large des côtes américaines d’où la demande du Sénat américain de mener une enquête.

Le reportage nous conduit alors à Edgewood (Maryland) dans un centre de recherche de l’armée américaine consacré à la guerre chimique où des archivistes commencent à reconstituer un immense puzzle : où ont réellement été immergées ces armes chimiques?

Les documentaristes parviennent à interviewer un haut-responsable, auteur pour le ministère de la Défense d’un volumineux rapport sur le sujet qui retrace la chronologie des immersions et leur arrêt au début des années 1970. Cependant il ajoute que le secret-défense est prolongé jusqu’en 2017.

5. Une sensibilisation internationale est nécessaire séquence au Canada (62’15 à
71’35)

La séquence nous amène en Nouvelle-Ecosse sur l’île de Cap-Breton, au bord du lac Bras d’or où sont immergées des armes chimiques, en compagnie d’un ancien ingénieur de l’armée canadienne spécialisé dans le déminage, Terrance P. Long. Il a monté une ONG et tente de sensibiliser les responsables des Etats à ce problème.

On est sur les terres ancestrales des Indiens Micmac: l’un de leurs sages rappelle le mode de vie traditionnel et évoque les problèmes environnementaux et de santé publique actuels.

6. Une action de dépollution efficace et à grande échelle est possible: séquence sur le Japon (71 ‘45 à 80’)

Les documentaristes ont pu filmer des opérations de récupération et de neutralisation d’armes chimiques dans le port de Kanda (sud du Japon) réalisées par une entreprise japonaise Kobelco qui a mis au point des technologies spécifiques.

Le reportage montre que c’est actuellement le seul endroit au monde où l’on a réalisé une opération de cette ampleur (facilitée par la faible profondeur 10 m et l’absolue nécessité pour pouvoir utiliser le port). Aucune technologie n’existe encore pour agir à plus de 150 m de profondeur.

Conclusion : agir à l’échelle internationale pour traiter le problème, seule perspective d’avenir ? (80’ à 88’)

Le documentaire filme une réunion de l’OIAC (Organisation internationale sur les Armes Chimiques), qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2013.

Si jusqu’à présent l’objectif était d’interdire aujourd’hui l’utilisation, la possession et la mise au point de ce type d’armes, l’OIAC commence à s’intéresser au problème des décharges d’armes chimiques sous la mer : l’ONG de Terrance P. Long est invitée à s’exprimer.

Le problème est considérable : il n’existe aucune solution technique miracle ; le coût d’une dépollution sera considérable, cependant la sensibilisation, la recherche et la surveillance progressent et c’est sur cette note relativement optimiste que se termine le documentaire.

B. Quelques précisions et documents pour exploiter certaines séquences en classe

Séquence sur l’italie (6’50 à 21’50)

Ban est une ville italienne (agglomération de près de 400 000 habitants) située sur la côte adriatique, au sud de la péninsule italienne dans la région des Pouilles. C’est aujourd’hui un grand port à destination des Baikans (notamment vers la Grèce) et du Moyen-Orient. Molfetta est une petite ville portuaire de 60 000 habitants située à 25 km au nord de Ban qui vit notamment encore de la pêche et du tourisme.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale le port de Ban a été largement utilisé par les Alliés pour la Libération de l’Italie: le port a été bombardé par une attaque de la Luftwaffe le 2 décembre 1943 (faisant environ 2 000 morts dont la moitié de civils). L’un des 17 navires américains coulé, le John Harvey, transportait des armes chimiques.

Un site officiel américain (en anglais) Medical Countermeasures Helping Protect America’s Army Forces from Illness and Diseases fait le bilan de cette catastrophe:

http://mcm.fhpr.osd.mil/cb exposures/ww2/ww2mustard.aspx

 

Séquence sur la mer Baltique (21 ‘50 jusqu’à 49’50 = 28 minutes)

C’est peut-être si l’on manque de temps pour exploiter la totalité du documentaire en classe la séquence la plus intéressante à utiliser surtout en Première (lien avec le thème d’histoire sur la Guerre au XX e siècle, sur le programme de Géographie concernant l’Union Européenne).

1. La Mer Baltique, une mer fermée et peu profonde

La Mer Baltique est une mer intérieure située en Europe du nord et s’étendant sur plus de
400 000 km2.
Elle est bordée par le Danemark, la Suède, la Finlande, les trois pays baltes
(Estonie, Lettonie, Lituanie), la Russie, la Pologne et l’Allemagne. Elle communique avec la
mer du Nord par une zone de détroits entre la Suède et le Danemark.

C’est une mer presque fermée et peu profonde (profondeur moyenne 55 m et profondeur maximale de 459 m), peu salée (à l’origine c’était un lac glaciaire ; elle ne communique avec l’océan que depuis environ 10 000 ans). Elle subit d’importantes variations de température annuelles: prise par les glaces en hiver dans les golfes de Botnie et de Finlande, la température atteint une moyenne de 15 C en été.

2. Histoire, pollution et enjeux économiques

Traditionnellement la pêche est une activité importante pour toute la région. Aujourd’hui le tourisme est actif sur le littoral.

La mer Baltique a été pendant la Première Guerre Mondiale (bataille navale du Jutland — appelée bataille du Skagerrak par les Allemandes- en 1916) mais surtout la Seconde Guerre Mondiale une importante zone de combats. La zone a été minée, de nombreux navires y ont été coulés avec leurs chargements d’explosifs. A la fin de la guerre de nombreuses cargaisons d’obus conventionnels et chimiques y ont été immergés.

Par ailleurs l’agriculture et l’industrie lourde telles qu’elles se sont développées à l’époque soviétique ont laissé une importante pollution et la présence de zones mortes (c’est-à-dire de zones eutrophisées où la végétation et la faune asphyxiées ont disparu).

3. L’accès à la mer baltique et le problème des détroits

Deux détroits permettent d’accéder à la mer Baltique: ils ont constitué un point de passage stratégique dans les deux guerres, contrôlés par les Allemands.

Le Skagerrak, est le premier détroit entre le sud de la Norvège, la Suède et le Danemark (profondeur de 210 m) par lequel on passe de la mer du Nord à un autre détroit le Kattegat (faible profondeur de 23 m) puis à la mer Baltique en passant soit par le chenal du Petit Beit (entre la péninsule du Jutland et l’île de Seeland) soit par le chenal du Grand Beit (entre les îles danoises de Fionie et de Seeland) soit principalement par l’øresund (entre la Seeland et la Suède).

La seule possibilité pour pénétrer dans la mer Baltique sans passer par ces détroits est d’emprunter le canal de Kiel (ouvert en 1895) au sud du Jutland (qui fait un peu moins de 100 km et offre une profondeur de 13 m). Il est très fréquenté mais accessible seulement à des navires d’un gabarit jusqu’à 230 m de long environ et 30 m de large (c’est-à-dire un gabarit très inférieur au gabarit des grands pétroliers et porte-conteneurs d’aujourd’hui).

 

4. La construction du gazoduc Nord Stream et les problèmes de tracé sous la Baltigue

Le Nord Stream est un gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique inauguré en 2011.
Sa construction a commencé en 2005. Il comprend un premier tronçon en Russie d’environ 900 km qui relie les gisements au port de
Vyborg (tout en alimentant la région de St Petersbourg) construit par le groupe russe Gazprom.
Il poursuit sous la mer sur une longueur de plus de 1 200 km jusqu’à Lubmin en Allemagne, traversant les ZEE (zone économique exclusive) russe, finlandaise, suédoise, danoise puis allemande.

Cette section a été construite par une société créée spécialement à cette fin: Nord Stream AG (filiale commune de Gazprom (51 %) et de deux groupes allemands tournés vers l’énergie: BASF (24,5 %) et E.ON (24,5 %) ; depuis cette date, le montage financier a évolué (comme c’est actuellement le cas en permanence dans le capitalisme mondial : la part allemande a diminué car un opérateur énergétique néerlandais Gasunie et le français GDF-Suez sont entrés au capital).

Le gazoduc touche terre en Allemagne à Lubmin (petite station balnéaire de l’ex-RDA) près de Greifswald (Mecklembourg-Poméranie occidentale non loin de la frontière polonaise) et se poursuit en Allemagne jusqu’à la frontière tchèque.

Compte tenu de la faible profondeur de la Baltique et de la présence de munitions immergées, l’opérateur Nord Stream AG a été obligé d’étudier plusieurs tracés sous-marins (d’abord délimitation d’une zone de 2 km de large choisie pour des raisons environnementales puis à l’intérieur de cette bande une zone de 50 m de large pour laquelle il a été procédé à un déminage).

Apparemment, selon le documentaire, le trajet a dû être considérablement rallongé pour contourner des zones de munitions. Les dirigeants nient avoir rencontré des problèmes d’explosions accidentelles

Le site officiel de Nord Stream AG présente ses activités (il est en anglais et dans la langue des pays riverains de la Baltique mais non en français). Il est, comme tout site d’entreprise aujourd’hui, une vitrine de ses activités mettant en avant sa technicité et son respect de l’environnement :
http://www.nord-stream .com!

Voici le lien vers le document le plus utilisable en classe (carte) qui permet de comprendre le choix final du tracé (en vert) et des deux points de connexion terrestre (Vyborg et Lubmin)

https:!/www.nord-stream .com/press-info/imapes/nord-stream-route-optimization-with-lepend 032/

Cette carte délimite les ZEE dans la Baltique(en anglais EEZ) et place les deux fosses, celle près de l’île suédoise de Gotiand et celle près de l’île danoise de Bornholm dont il est question dans le documentaire où ont été coulées de nombreuses munitions chimiques.

Rappelons que la Suède était neutre pendant la Seconde Guerre Mondiale tandis que le
Danemark était sous occupation allemande, ce qui explique que le site près de Bornholm
(beaucoup plus proche) ait été particulièrement utilisé pour le déversement des munitions.

 

5. Coopération en matière d’environnement

Les problèmes de pollution considérables dans cette mer expliquent qu’une convention sur la protection de l’environnement dans la Baltique ait été signée dès 1974 entre les états riverains (au moment où la Détente est à son apogée).
Mais ce n’est que beaucoup plus récemment qu’a été signée la Convention d’Helsinki (1992) et qu’une organisation du nom d’HELCOM (comme Helsinki Commission) est opérationnelle (depuis 2000) pour mettre en oeuvre des mesures de protection.

HELCOM (qui siège en Finlande) regroupe aujourd’hui les 9 pays riverains de la Baltique et l’Union Européenne. Son site (en anglais) présente un certain nombre d’informations intéressantes

http://www.helcom.fi/

Séquence sur les Etats-Unis (49’25 à 62’15)

Une partie des séquences est filmée sur les plages de Virginie, très fréquentées en été, au large desquelles ont été déversés des quantités d’armes chimiques après la guerre. Plus précisément les images nous montrent Virginia Bay qui se trouve au débouché de l’immense baie de la Chesapeake, le plus grand estuaire des Etats-Unis (300 km de long).

Cet estuaire a une forme de Y, à l’extrémité de la branche occidentale se trouve la capitale fédérale Washington, à l’extrémité de l’autre branche la ville de Baltimore. Malgré une faible profondeur c’est un excellent site portuaire et l’on y trouve d’importantes bases militaires (par exemple la base militaire de Quantico).

C’est également dans ces parages, à une vingtaine de kilomètres au nord de Baltimore que se trouve le site d’Edgewood (bien dissimulé dans un environnement forestier) site qui, des années 1950 jusqu’à 1975, fut un grand centre d’expérimentation sur les armes chimiques. On y trouve aujourd’hui un stock considérable de matériel et d’archives.

On comprend dès lors un peu mieux pourquoi c’est au large de ces plages de Virginie qui étaient donc les plus proches de ces installations militaires très concentrées dans la baie de Chesapeake qu’un certain nombre de munitions chimiques aient pu être jetées à la mer.

Un site officiel (en anglais) évoque le centre de recherche d’Edgewood:

htt://mcm .f hr.osd. mil/cb exjosures/cold war/edpewood . asix

Séquence sur Cap-Breton Canada (62’lS à 71’35)

L’île du Cap-Breton (anciennement appelée Île Royale quand le Canada était français), est une grande île de l’océan Atlantique (une superficie d’un peu plus de 10 000 km2) sur la côte de l’Amérique du Nord à l’entrée du golfe du Saint Laurent (qui est la voie d’entrée maritime principale du Canada).

Elle fait partie de la province canadienne de Nouvelle-Écosse qui a pour capitale Halifax plus grande ville canadienne sur la côte atlantique (environ 400 000 habitants).

 

Halifax est depuis le XVllle siècle la plus grande base militaire canadienne. Elle fut pendant la Première et la Seconde Guerre Mondiale le principal port canadien d’embarquement de troupes et de matériels vers l’Europe.

La population de l’île de Cap-Breton est d’un peu moins de 150 000 habitants soit une faible densité d’environ 15 habitants au km2. Sa ville principale Sydney se trouve à l’est de l’île. Sydney fut également un port d’embarquement de matériel militaire vers l’Europe.

Au centre de cette île se trouve un grand lac (d’environ 100 km sur 50 km, d’une profondeur atteignant plus de 200 m) qui communique avec la mer: le lac de Bras d’Or. Son enclavement et l’apport d’eau douce expliquent que l’influence maritime y soit faible. Le renouvellement de l’eau est donc lent et le rejet d’eaux usées dans le lac et la présence d’armes au tond du lac est une source potentielle de problèmes environnementaux.
On est donc dans une région peu peuplée, très boisée, la terre ancestrale des Micmacs (un peuple amérindien appartenant au groupe des Algonquins).

Terrance P. Long est le fondateur d’international Dialogue on Underwater Munitions.
IDUM est une organisation non-gouvernementale créée en 2004. Son objectif est d’obtenir la signature d’un traité international contraignant concernant tous les types de munitions présentes sous la mer (conventionnelles, biologiques, chimiques et nucléaires). Le travail de l’IUDM est reconnu au niveau international par les diplomates, les organisations qui s’occupent d’environnement.

Le site qui présente cette organisation est en anglais:

http://www.underwatermunitions.org/

  • Il présente une cartographie de l’île de Cap-Breton

  • Il donne le texte de la résolution de l’ONU votée en 2010 sur les munitions chimiques jetées en mer (voté à l’instigation de cette ONG)

  • Il présente un petit film en anglais de 6 mn présentant un certain nombre d’exemples à travers le monde de zones où se trouvent des armes chimiques

  • Il annonce la future rencontre du mois de mai 2014

Séquence sur le Japon (71 ‘45 à 80’)

1. Le port de Kanda au sud de la Mégalopole japonaise

Le port de Kanda se situe dans le sud du Japon sur l’île de Kyushu c’est-à-dire au sud de la Mégalopole japonaise à proximité immédiate (15 km) de la grande agglomération de KitaK yushu dans la préfecture de Fukuoka (ces deux villes distantes d’environ 50 km étant les deux plus grandes de l’île de Kyushu).

On est donc dans une région industrielle et très peuplée avec de grandes entreprises (notamment des usines Nissan ou Toyota. On se trouve également à Kanda, au bord de la mer Intérieure, cette mer quasiment fermée qui se situe entre Honshu, Shikoku et Kyushu et qui, depuis la période de Haute Croissance (1950-1973) a atteint des niveaux de pollution inégalés dans le monde (à part peut-être dans la Baltique). C’est également dans cette région du Japon que, faute de terrain plat en quantité suffisante, de grands terrep leins industriels ont été édifiés sur la mer. Il n’est pas étonnant que dans de telles conditions ce soit précisément au Japon que les technologies liées à la dépollution aient connu de grandes avancées.

 

2. L’entreprise Kobelco, entreprise innovante en matière de dépollution

Kobelco est à l’origine une entreprise sidérurgique japonaise fondée en 1905. Ses activités se sont aujourd’hui fortement diversifiées: à la sidérurgie initiale, s’ajoutent la production d’aluminium et de cuivre, de machines-outils, d’usines clés en main, de matériel de travaux publics et de traitement des déchets. Cette entrepris a pris le tournant de la mondialisation et conquis des marchés dans le monde entier.

Si elle dispose de bureaux à l’étranger (New York, Détroit, Singapour, Hong Kong, Bangkok,
Shanghai, Pékin), toutes ses unités de production se trouvent au Japon dans la
Mégalopole de Kobe (où se trouve le siège social, le centre de recherche-développement) à
Shimonoseki (au sud de Honshu).

Kobelco est actuellement la seule entreprise au monde à avoir mis au point un système performant permettant une dépollution des zones marines polluées par des munitions chimiques.

Son site officiel est intéressant pour comprendre la stratégie d’expansion, de modernisation
et de diversification d’une grande entreprise soit à travers son histoire:

http://www.kobelco.co.j!enQlish/about kobelco/outline/history/index.html

soit à travers un petit film de promotion de 3 mn (en anglais)

http://www.kobelco.co.jp/english/about kobelco/outline!3minutes/index. html

Séquence sur l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC)

La présentation la plus synthétique de cette organisation fondée en 1997, regroupant 190 pays et qui a obtenu le Prix Nobel de la paix en 2013 est peut-être l’article du Monde suivant:

http:www.Iernonde.fr/prix-nobel/articlef2Ol 3/10/1 1/gui-est-l-oiac-laureate-du-prix-nobel- 2013 3494311 1772031.html

Son site officiel (qui est en français) est une mine d’informations sur les armes chimiques

http://www.opcw.org/fri

C. La forme audiovisuelle:

Des « ingrédients » classiques pour un documentaire…

Il s’agit d’un documentaire classique dans sa forme avec un scénario et un commentaire en voix off qui intègre:

  • Des documents d’archives de la première et de la Seconde Guerre Mondiale

  • Des images de fonds marins où reposent des armes chimiques

  • Des séquences montrant des opérations de recherche, de déminage
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  • Des interviews mis en scène sur les lieux de l’enquête de plusieurs types d’interlocuteurs.

Parmi ces personnes interviewées on peut noter que les réalisateurs ont choisi de montrer les différents enjeux du problème en donnant la parole à:

  • Des pêcheurs victimes ou menacés par ce danger dans leurs activités traditionnelles (en Italie et au Danemark ; c’est aussi le cas des Amérindiens de l’île de Cap-Breton au Canada)

  • Des chercheurs et spécialistes de l’environnement (en Allemagne notamment)

  • Des techniciens, spécialistes de la décontamination, du déminage, de la construction de gazoducs sous-marins, en Allemagne, au Japon, en mer Baltique.

  • Deux journalistes qui, un peu par hasard au départ, chacun dans leur pays, se sont mis à enquêter sur ce phénomène:

  •     o Gianluca Di Feo en ltalie; rédacteur en chef I’Espresso (hebdomadaire dont le siège est à Rome) est l’auteur d’un ouvrage intitulé Poisons d’Etat ( Veleni di Stato paru en 2010 sur les armes chimiques qui ont été coulées en mer Adriatique)

  •     o John M. R. Buli aux Etats-Unis, ancien rédacteur au Newport News DaiIy Press (quotidien de Virginie), à l’origine de l’enquête aux Etats-Unis

  • Des individus qui, à un moment de leur parcours, ont décidé de s’engager dans un combat pour faire toute la lumière sur ce problème:

  •     o Terrance P. Long, ancien ingénieur démineur dans l’armée canadienne qui prend conscience de l’enjeu planétaire du problème quand il découvre que même dans la petite île tranquille où il vit la menace est présente.

  •      o des représentants institutionnels qui, se mobilisent sur ce thème et que l’on retrouve à la fin du documentaire présents à la Conférence de l’OIAC.

…..mais une narration originale: comment sensibiliser le grand public à un problème environnemental et économique d’ampleur mondiale?

Le documentaire se présente sous forme d’enquête; progressivement les pièces du puzzle s’assemblent pour montrer qu’il s’agit d’un problème mondial.

Si au départ on a l’impression que le phénomène est purement local et appartient à un passé révolu (l’épisode de Ban), progressivement les réalisateurs réussissent à montrer en multipliant les approches qu’il est à la fois mondial et que c’est une menace pour l’avenir qu’on ne peut conjurer que par une gouvernance au niveau mondial.

Dans le cadre d’une exploitation en classe, la minutie de cette enquête explique la longueur du documentaire (88’) qui est la même que dans le film sur l’anthrax que Bob Coen et Eric Nadler avaient réalisé en 2009.

 

Pour aller plus loin:

Sur la situation en Italie:

Pour ceux qui lisent l’italien, un article tout récent (13 février 2014) de Gianluca Di Feo dans I’Espresso évoquant la situation en Syrie avant de faire un rappel général sur la thématique des armes chimiques:

httQ://esQresso . reubblica. itlvisioni/scienze/20 14/01 /30/news/armi-chimiche-siriane-ecco- come-saranno-smaltite- 1.150684

Sur la situation en France:

Un article des Echos du 26 juillet 2012 évoquant la construction d’une usine de destruction d’armes chimiques dans l’Aube sur un ancien camp militaire français avec l’appui technologique de la société japonaise Kobelco:

htt://www. lesechos.f r/26/07/20 1 2/LesEchos/2 1 235-078-ECH aube—une-usine-d-astriumd etruira-les-armes-chimipues. htm

Un article synthétique sur les déversements d’armes chimiques de Presseurop du 16 novembre 2011, Une bombe à retardement dans les mers du Nord:

http://www.presseurop.eufrcontentarticle1 177621 -une-bombe-retardementdans-Ies-mersd u-nord

A suivre dans l’actualité:

Conférence de l’OTAN prévue sur ce thème les 26 et 27 mai 2014 puis à Sydney (NouvelleE cosse, Canada) un 5 dialogue les 28 et 29 mai 2014 de l’IDUM de Terrance P. Long.

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