ENTREPRISES ET POLITIQUES : Des Idées pour Agir   Leave a comment

Entreprises, Politiques, des idées pour agir

Nota : J’ai trouvé l’exposé de Monsieur Peter Hartz tellement réaliste que j’ai souhaité en conserver une trace dans mon blog « Famille et Amis ». Il nous indique clairement la ligne de conduite que nous devrions absolument tenir et je partage totalement ses opinions car un de mes fils vit en Allemagne.

UN PLAN CLÉS EN MAIN CONTRE LE CHÔMAGE

Peter Hartz plaide pour des réformes radicales.

Décembre 2014

Invité d’honneur du déjeuner-débat du 1″ Sommet de l’économie de Challenges, Peter Hartz, ex-conseiller social du chancelier Gerhard Schrôder, a fait un tabac. Car il est arrivé à Paris jeudi 4 décembre avec un projet clés en main. Bien que retraité, celui qui fut DRH et boîte à idées de Volkswagen s’est montré aussi Imaginatif et plein d’allant que dans ces années 1980, 1990 et 2000, où il fut un véritable gourou outre-Rhin. C’est donc auréolé de la légitimité de celui qui a fait reculer le chômage en Allemagne, où le nombre de sans-emploi avait dépassé 10% en 2005 et n’a cessé de reculer depuis (voir graphique page suivante), que Peter Hartz a pu lancer son message aux dirigeants réunis au Sommet, sous la nef imposante du Grand Palais : « Vous, les entrepreneurs, êtes des multiplicateurs dans le monde de l’économie, il faut essayer et, propager ces idées ! »

Pouvoir et ressources

«Pour lutter efficacement contre le chômage de masse, il faut impérativement trois conditions : le pouvoir, les ressources et les idées », attaque d’emblée le Doktor Hartz.

« Les ressources, l’Europe les a. Elle est un continent riche. S’agissant de l’impulsion politique, avec 25 millions de chômeurs, dont 5,4 millions déjeunes, il est temps que les chefs d’Etat européens s’attellent sérieusement au problème. Quant aux idées, j’ai élaboré avec des chercheurs et praticiens d’entreprise un système transposable à tout le continent, qui s’inspire de mon expérience. » Là-dessus, le Sarrois a rappelé le passé, ces années où son pays était « l’homme malade de l’Europe ». « En 2002, l’Allemagne, confrontée à un chômage endémique, a retroussé ses manettes sous l’impulsion du chancelier Schrôder. Il a mis en place sous ma responsabilité une commission d’experts, dont beaucoup venus du monde de l’entreprise. Nous avons remué ciel et terre pour trouver des solutions concrètes. De nos travaux sont nés un rapport de plus de 2 000 pages et quatre lois. »

Le désormais illustre Allemand, qui aujourd’hui est moins écouté dans son pays qu’il ne l’est en Europe, a détaillé ces lois : la première sur le travail temporaire n’a guère posé de difficultés. C’est avec la deuxième que les critiques ont fusé : elle avait pour objet de créer des minijobs et des entreprises unipersonnelles. « « Je sais qu’on nous reproche souvent les 9 millions de minijobs, admet son promoteur. Mais avec la loi Hartz 2, quelque 400 000 entreprises ont été créées. Aujourd’hui, les deux tiers de ces entreprises sont encore là. Surtout, la, philosophie de cette loi est la suivante : il vaut mieux garder le pied à l’étrier et rester sur le marché du travail que de décrocher complètement. »

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Peter Hartz, le 4 décembre, au Grand Palais, à Paris

 Devant les dirigeants d’entreprise et les politiques,

l’ex-conseiller social du gouvernement Schrôder

 a exposé comment transposer à l’Europe les idées

qui ont réussi outre-Rhin.

Indemnités divisées par deux

La troisième loi concernait la réforme des agences pour l’emploi, la quatrième, enfin, l’indemnisation des chômeurs. « Cette dernière loi avait un titre si compliqué qu’elle a tout, simplement fini par prendre mon nom : la loi Hartz 4, a-t-il précisé. La philosophie de ces quatre lois était simple : proposer à chacun une activité, et, privilégier un emploi mal rémunéré plutôt que le chômage. » Ce dernier précepte est devenu outre-Rhin tellement fondamental qu’il a été repris explicitement dans l’accord de la coalition entre les chrétiens et les sociaux-démocrates, qui a dirigé l’Allemagne entre 2005 et 2009. Mais c’est aussi au nom de ce précepte que l’indemnisation du chômage a été réduite de moitié avec un maximum de douze mois et un plafond proche de 2 000 euros, situation que les partenaires sociaux n’ont jamais voulu envisager en France au moment des dernières négociations de l’Unédic.                                                           

Convaincu qu’« aujourd’hui, chacun en Europe doit avoir un avenir, notamment les jeunes qui n’ont ni job ni formation », Peter Hartz a exposé ses idées, pour lesquelles il est en train de faire du lobbying, de façon qu’elles arrivent sur le bureau du président de la Commission, Jean-Claude Juncker. « Ce plan s’attaque en priorité aux chômeurs de longue durée et aux jeunes chômeurs, précise l’ancien conseiller de Gerhard Schrôder. Dans une Europe si riche, il est inadmissible que dans certains pays du Sud un jeune sur cinq soit sans emploi, alors que certains pays du Nord vont manquer de main-d’œuvre et qu’ils sont prêts à les former. Il faut aller chercher les chômeurs là où ils sont. » Son idée ? « Chaque chômeur européen doit avoir une perspective, il faut établir un diagnostic des talents existants. Savoir ce que chacun est capable défaire. Il faut également constituer une base de données, un radar des activités qui détaille précisément les compétences et qualifications recherchées. A titre d’exemple, nous avons déterminé qu’il existe 150 types d’emplois dam le secteur des services, qui correspondent à de nouveaux besoins. Des jeunes Grecs nous ont dit leur satisfaction de constater qu’il y a 149 autres occupations possibles que le tourisme! »

Apprentissage transfrontalier

Mais sa révolution, c’est la création d’un système d’apprentissage transfrontalier débouchant sur un diplôme, et qui serait cofinancé par Bruxelles. Car cette formation, assurée par les entreprises qui se chargeraient de l’accompagnement, coûte cher. « Il faudrait donner à chacun un pécule de 40000 à 50000 euros, qui les aide à mener à bien ce projet, a-t-il ajouté. Le temps et le type de formation que suivraient les jeunes en apprentissage transfrontalier doivent être bien spécifiés sur les diplômes qui leur seront délivrés, et ces diplômes seront une sorte de passeport reconnu dans les pays de l’Union. Bien sûr, multiplié par plusieurs millions de jeunes chômeurs, les sommes peuvent paraître énormes, supérieures à 200 milliards d’euros. Mais l’Europe n’a pas le droit d’abandonner sa jeunesse. D’autant que ce système est un moyen de sortir en quelques années du chômage de masse. »

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C’est l’effet des réformes Hartz lancées en 2005

C’est aussi l’écart entre l’Allemagne et la France.

A plusieurs reprises, l’ex-conseiller social a répété que « chacun doit avoir-une perspective. C’est une question de dignité ». Il a assuré avoir parlé de son projet à Pierre Gattaz, qui a approuvé, et avoir travaillé avec divers think tanks, ainsi qu’avec François Villeroy de Galhau, directeur général délégué de BNP Paribas, qui détaille le système dans son livre L’Espérance d’un Européen (éd. Odile Jacob).

Les 35 heures ? «Dépassé»

Interrogé sur les 35 heures, lui qui fut le père de la semaine des quatre jours à Volkswagen a répondu que le concept français « est dépassé ». Il a plaidé pour une « flexibilité » qui permette de « s’adapter aux carnets de commandes ». Et d’expliquer qu’en 1993, au plus fort de la crise, il avait réduit le temps de travail, avec réduction de la rémunération à la clé, pour éviter des licenciements. Mais une fois l’activité repartie, les cadences avaient repris, et les comptes épargne-temps s’étaient gonflés.

Rappelant que l’Allemagne n’a jamais eu autant de personnes en activité (41 millions), il a conclu, à la lumière de son expérience, sur ce mal qui ronge l’Europe, le chômage à grande échelle. « Ce ne sont pas les chômeurs de la chancelière Merkel ou du président Hollande. Ce sont des chômeurs de notre société, envers lesquels nous avons des devoirs. L’Europe a besoin d’un grand projet, comme il y en. a eu beaucoup par le passé, la plupart du temps sous l’égide de grands Français comme Jean Monnet. Chaque génération a eu de grands projets. C’est le défi de la nôtre.

Sabine Syfuss-Amaud

Challenges N° 413 – 11 décembre 2014

 

 

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